Le marché noir des devises en Algérie continue de connaître une activité soutenue, marquée par des fluctuations régulières des taux de change, en particulier pour l'euro. Dans un contexte de forte demande de devises étrangères, notamment en raison des importations et des départs d'étudiants à l'étranger, l’euro affiche une montée fulgurante et s'approche de la barre symbolique des 250 dinars. De plus, l'annonce du chef de l'État de doubler les salaires d'ici la fin de son mandat ne sera pas sans affecter le marché parallèle des devises.
Taux de change des principales devises en Algérie
Aujourd'hui, l’euro (EUR) s’échange à 249 dinars à l'achat et à 247 dinars à la vente sur certaines places de change, notamment le célèbre square Port-Saïd à Alger. La devise européenne marque ainsi une hausse de 3 % par rapport à la semaine précédente1 alors qu'il était resté relativement stable depuis l'Aïd el-Fitr2, en avril.
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Le dollar étasunien (USD), beaucoup moins demandé par les Algériens, n'a pas connu de flambée et continue de fluctuer autour des 223 dinars. Quant à la livre sterling (GBP), elle a connu une hausse graduelle durant l'été pour gagner +2,5 % et passer à 282 DZD à l'achat et 284 DZD à la vente. Une hausse qui calque les changements de dynamique sur le marché officiel des devises.
Taux des devises sur le marché noir algérien - 25 septembre 2024
| Monnaie | Vente | Achat |
|---|---|---|
| 🇪🇺 Euro | 247 | 249 |
| 🇺🇸 Dollar US | 221 | 223 |
| 🇬🇧 Livre Sterling | 282 | 284 |
| 🇨🇭 Franc Suisse | 245 | 247 |
| 🇨🇦 Dollar Canadien | 159 | 161 |
| 🇹🇷 Livre Turque | 8 | 10 |
| 🇸🇦 Rial Saoudien | 60 | 62 |
| 🇦🇪 Dirham Emirati | 61 | 63 |
Le marché noir des devises : une dynamique non régulée
Le marché parallèle, bien que jugé illégal, est toujours dominant en Algérie. En l'absence de bureaux de change régulés, les citoyens et les acteurs économiques continuent de se tourner vers ce marché pour obtenir des devises. Alger et d'autres villes comme Oran ou Tizi-Ouzou restent des points stratégiques pour ces échanges. Le manque de régulation directe, couplé à une demande soutenue, entretient la pression sur les taux de change.
La Banque d'Algérie fait régulièrement état de la circulation massive de liquidités en dehors du circuit bancaire. Ces dernières années, cette situation a provoqué une hausse continue du taux de change, en particulier pour l'euro qui est passé de 200 dinars en 2020 à 249 en 2024, soit une hausse de 24,5 % en 4 ans. Une tendance qui ne semble pas prête de s'inverser, d'autant que les bureaux de change prévus par l'État algérien n'ont toujours pas été ouverts.
Plusieurs éléments expliquent la situation actuelle du marché noir. Parmi eux, les mesures économiques récentes, comme la reprise des importations de véhicules d’occasion de moins de trois ans, nécessitent une quantité importante de devises, notamment en euros. De plus, la demande saisonnière, liée au départ des étudiants algériens vers l'étranger pour la rentrée universitaire, accentue cette hausse.
Enfin, un nouveau facteur rentre en jeu : l'augmentation des salaires des fonctionnaires de 53 % (ou du double selon certaines sources algériennes), comme annoncée par le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune, pourrait également avoir un impact à moyen et long termes. Des acteurs financiers craignent une hausse de l'inflation et une dévaluation du dinar ; cela dans le cas où la hausse des salaires (suivie d'une hausse du pouvoir d'achat d'une partie non négligeable de la population algérienne) n'est pas accompagnée par une croissance économique équivalente. Avec une hausse des revenus, la demande pour les devises étrangères, notamment l'euro et le dollar, pourrait aussi augmenter. Cela concerne l'épargne, les achats d'importation, comme les produits électroniques, les véhicules et les voyages à l'étranger.
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Le rôle crucial des bureaux de change dans cette dynamique
Le marché parallèle des devises est très sensible aux événements économiques et politiques, ainsi qu'aux flux migratoires. Chaque fluctuation, aussi légère soit-elle, trouve son origine dans un ensemble de facteurs locaux et internationaux, rendant les prévisions, même à court terme, incertaines – si ce n'est impossibles. Face à cette situation, des voix s’élèvent pour accélérer l’ouverture des bureaux de change légaux. Prévue dans le cadre des réformes économiques, cette ouverture tarde à se concrétiser, alors qu’elle pourrait offrir une alternative au marché noir. En offrant des taux plus encadrés et une régulation plus stricte, ces bureaux pourraient contribuer à stabiliser le marché et à limiter l’impact des fluctuations actuelles.
⚠️ Avertissement : Les taux mentionnés dans cet article sont basés sur des données informelles et peuvent varier en fonction des régions et des spécificités des transactions. Cet article n'a pas pour vocation de fournir des conseils financiers ou de servir de base pour des transactions économiques.
Les principales raisons de la flambée de l'euro sur le marché noir, 17 septembre 2024, ObservAlgérie ↩
L'euro et le dollar en hausse pour ce jour de l'Aïd el-fitr, en Algérie, 10 avril 2024, ObservAlgérie ↩
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