Un Algérien, surnommé « Momo », incarne une histoire de réhabilitation et de réinsertion en France. L'ancien « malfrat » va comparaître, vendredi 25 octobre, devant la justice, et ce, malgré la vie calme qu'il mène actuellement.
Le procès de Mohammed, surnommé « Momo 94 », s’est ouvert à la Cour d’assises spéciale de Paris, où il est jugé aux côtés de cinq autres accusés pour un vaste trafic international de cannabis. Mohammed, âgé de 33 ans, est présenté comme l’homme de confiance de "Mâchoire", un baron du cannabis en Europe. Entre 2016 et 2019, ce réseau criminel aurait importé des dizaines de tonnes de cannabis en France, générant des millions d’euros de bénéfice.
Alors que l’accusation s’appuie sur des écoutes et des surveillances, l'Algérien maintient son innocence et décrit son parcours atypique, marqué par une enfance difficile « à l'Algérienne » et des choix de vie qui l’ont conduit dans le milieu de la drogue. « Dans le quartier, Momo était appelé le prisonnier parce qu'il n'avait jamais le droit de sortir », selon le journal Le Parisien qui a examiné de près le parcours de Mohammed. Un parcours qui illustre un exemple de réhabilitation et de réinsertion, à une époque où la France est particulièrement préoccupée par les questions de politique migratoire.
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Momo, l'Algérien passé de l’espoir au dérapage
Né en Algérie et arrivé en France très jeune, Mohammed, alias « Momo » ou « Gromomo » a grandi dans le quartier difficile de Villejuif (Val-de-Marne), sous la surveillance stricte de ses parents. Son père, agent de sécurité, et sa mère, assistante maternelle, veillaient à ce que leurs enfants suivent le chemin des études. Mohammed, l’aîné de la fratrie, avait de grandes ambitions. Passionné de football, le jeune Algérien envisageait une carrière sportive avant qu’une blessure à 17 ans ne mette fin à ses espoirs de devenir joueur professionnel. « Je suis un homme normal qui aime le football. J'ai tendance à un peu surjouer ma vie », confie le Franco-Algérien.
Malgré le bac et un diplôme universitaire de technologie en commerce et une tentative infructueuse, Momo rencontre des difficultés pour continuer ses études ce qui le pousse à s'intéresser au domaine de la location de voitures où il a rencontré des personnes liées à des activités criminelles. Son travail en tant que chauffeur-livreur l’a rapproché de « Mâchoire » et a alimenté son implication dans le trafic de cannabis. Les autorités le soupçonnent d’avoir joué un rôle clé dans l’organisation du réseau, facilitant les transactions et les liaisons avec les clients.
Le Franco-Algérien va comparaître le 25 octobre 2024
L’arrestation de Momo en 2019 marque un tournant. En vacances au Maroc, il est arrêté à Ceuta pour son implication présumée dans un vaste réseau de trafic de stupéfiants. Son séjour en prison au Maroc est un véritable cauchemar. Enfermé dans des conditions inhumaines, il partage sa cellule avec des criminels violents et fait face à une violence quotidienne qui le marquera à vie. « On était à vingt dans une cellule. On dormait et mangeait par terre. J’étais avec de gros criminels », raconte-t-il, affecté par cette période.
Libéré sous contrôle judiciaire en 2020, Momo décide de tourner la page. Une fois de retour en France, il parvient à retrouver une certaine stabilité en travaillant comme chauffeur d’enfants handicapés. Peu à peu, il reprend le contrôle de son existence et décroche finalement un emploi dans le secteur du bâtiment. Mais son plus grand coup de chance vient d’une opportunité inattendue, celle de devenir enseignant dans une école spécialisée dans la formation de jeunes en BTS. « C’est une excellente opportunité », confie-t-il, mettant en avant son désir de contribuer positivement à la société.
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Le verdict de son procès devrait probablement être rendu le 25 octobre, sauf si le tribunal décide de le mettre en délibéré pour une nouvelle date. Cela intervient dans un contexte où le débat sur l'intégration des migrants et des individus issus de milieux difficiles est souvent tendu, particulièrement quand il impliqué des éléments de l'extrême droite.
