L'arrivée prochaine de la compagnie maritime italienne Grandi Navi Veloci (GNV) sur les traversées entre la France et l'Algérie suscite de vives tensions. Tandis que les voyageurs espèrent des offres élargies, les syndicats français dénoncent une concurrence jugée déloyale. Une grève de 48 heures, entamée ce lundi 13 janvier, témoigne de l'opposition des marins français à cette décision.
Le gouvernement français a autorisé GNV, filiale du groupe italo-suisse MSC, à opérer sur la ligne entre le port de Sète et l'Algérie dès 2025. Actuellement, ces liaisons sont assurées par deux compagnies algériennes, Algérie Ferries et Nouris El Bahr Ferries, ainsi que par la française Corsica Linea. L'entrée de GNV sur ce marché est perçue comme une menace directe par les syndicats français, en raison de la possible pression sociale et économique qu'elle pourrait engendrer.
Dans une déclaration ce lundi 13 janvier aux médias français, le secrétaire général de la CGT des marins de Marseille, Frédéric Alpozzo, dénonce un risque de dumping social. « Quand on vient travailler dans un pays au sein de l'Union européenne, quelle que soit la nationalité, on doit respecter le droit du travail et fiscal dans le pays où on s'installe pour faire une activité, sinon on n'est plus des citoyens dans notre propre pays », affirme-t-il.
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Traversées France-Algérie: les syndicats français s’opposent à l'arrivée de GNV
Selon lui, GNV exploiterait un régime international moins contraignant, ce qui impliquerait les coûts au détriment des marins. Face à cette situation, la CGT a lancé un mouvement de grève de 48 heures, qui paralyse les liaisons maritimes entre Marseille, la Corse et le Maghreb jusqu'au mercredi 15 janvier. Cette grève qui touche particulièrement la compagnie Corsica Linea, vise à alerter sur les conséquences potentielles de cette nouvelle concurrence.
Le syndicat français estime que l'arrivée de GNV sur les liaisons France-Algérie pourrait entraîner la perte de 600 à 700 emplois au sein des compagnies françaises Corsica Linea et La Méridionale. Ces suppressions concerneraient autant les personnels navigateurs que les équipes à terre. « Si nos perdons l'accès au port de Sète et subissons cette concurrence déloyale, des mesures sociales lourdes seront inévitables d'ici la fin de l'année », a prévenu Frédéric Alpozzo.
Des accusations de favoritisme au sommet de l'État français
Les tensions ne se limitent pas aux considérations économiques. La CGT accuse Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée, de conflit d'intérêts dans ce dossier. Lié familialement à la famille Aponte, propriétaire de MSC, Alexis Kohler aurait, selon le syndicat, favorisé l'arrivée de GNV sur les lignes France-Algérie. Ces accusations alimentent les soupçons d'une volonté politique de libéraliser le transport maritime en Méditerranée, au détriment des acteurs nationaux, selon les syndicalistes français.
Pour les sociétés françaises Corsica Linea et La Méridionale, la situation s'annonce complexe. La CGT exhorte ces dernières à renforcer leur présence sur les lignes stratégiques, comme le port de Sète, afin de contrer l'arrivée de GNV. Toutefois, la concurrence étrangère, souvent synonyme de tarifs réduits, pourrait fragiliser leur compétitivité.
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L'arrivée de GNV sur les la ligne France-Algérie relance le débat sur la libéralisation des marchés maritimes européens. Si cette ouverture peut offrir plus de choix aux voyageurs, elle soulève des enjeux sociaux et économiques majeurs pour les entreprises françaises et leurs employés. La grève actuelle et les pressions syndicales mettent-elles en péril l'implantation de GNV ? Les mois à venir seront décisifs pour l'avenir des traversées entre la France et l'Algérie.
