L'Union européenne (UE) se retrouve confrontée à une pénurie sans précédent de 1,2 million de travailleurs dans le secteur de la santé, dont des médecins, des infirmiers et des sages-femmes. Cette situation critique pousse les États membres à intensifier leurs efforts pour attirer des travailleurs qualifiés, y compris ceux provenant de pays non membres de l'UE.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation préoccupante. En premier lieu, le vieillissement de la population européenne augmente les besoins en soins de santé. Parallèlement, de nombreux professionnels de la santé prennent leur retraite, laissant derrière eux des postes vacants qui peinent à être pourvus. Enfin, une baisse générale de l'intérêt pour les carrières médicales et paramédicales est enregistrée dans de nombreux pays européens.
L’UE a besoin de 1,2 million de professionnels de la santé
Selon le rapport EURES 2023, plusieurs pays européens sont particulièrement touchés. L'Allemagne, par exemple, affiche un déficit de plus de 300'000 infirmiers. En Irlande, environ 15 % des postes dans le secteur de la santé restent vacants. La Suisse et la Norvège, bien que non membres de l'Union européenne, sont également fortement dépendantes de travailleurs étrangers pour maintenir leurs services médicaux.
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Les prévisions sont tout aussi inquiétantes : sans intervention rapide, cette pénurie qui est estimée aujourd’hui à 1,2 millions de professionnels de santé, pourrait atteindre des niveaux critiques d'ici 2030. Cela entraînerait une baisse de la qualité des soins et des délais d'attente encore plus longs pour les patients de l’Union européenne.
Des mesures concrètes pour répondre à la crise
Pour répondre à cette crise, la Commission européenne, en partenariat avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a lancé un plan d'envergure pour attirer et retenir les travailleurs du secteur de la santé, rapporte le site Schengen News. Ce projet, lancé à Varsovie, capitale de la Pologne, qui assure actuellement la présidence de l’UE pour le premier semestre de l’année en cours, vise à répondre aux défis posés par le désintérêt croissant pour les carrières dans le secteur médical.
Durant une période de 36 mois, les États membres prioritaires bénéficieront d'un soutien accumulé pour renforcer leurs effectifs dans les métiers de la santé. Ces efforts incluent des mesures pour séduire de nouveaux travailleurs et maintenir en poste les professionnels déjà en activité. Un budget européen important a été alloué à ces initiatives. Par exemple, un fonds de plusieurs centaines de millions d'euros a été débloqué pour soutenir les pays les plus en difficulté, comme l'Autriche et le Danemark.
Recourir aux travailleurs étrangers
Parmi les solutions envisagées, le recrutement de professionnels de santé formés à l'étranger joue un rôle central. Selon les données de l'OMS, environ 20 % des infirmiers en Norvège et 30 % en Suisse sont originaires d'autres pays. L'Union européenne entend renforcer les partenariats avec les pays tiers pour répondre aux besoins immédiats.
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Cependant, cette stratégie comporte des risques. Le recrutement massif à l'international peut créer une "fuite des cerveaux" dans les pays en développement, eux-mêmes confrontés à des pénuries similaires. L'UE devra donc trouver un équilibre entre ses besoins et le respect des engagements éthiques vis-à-vis des autres nations.