En 2024, la France a connu une augmentation sans précédent des expulsions d’étrangers en situation irrégulière. Selon les données du ministère de l’Intérieur, 21 601 personnes ont été reconduites hors du territoire, soit une hausse de 26,7 % par rapport à l’année précédente.
Ce chiffre marque un tournant dans la politique migratoire du pays, illustrant un durcissement des mesures de contrôle et d’éloignement.
Une politique de fermeté renforcée
L’augmentation des expulsions s’inscrit dans une volonté affichée du gouvernement de lutter contre l’immigration irrégulière. L’ancien ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, désormais ministre de la Justice, a salué ces résultats, affirmant qu’ils reflètent « une politique de fermeté assumée ». Cette dynamique a été poursuivie par Bruno Retailleau, qui lui a succédé place Beauvau.
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Les autorités ont renforcé plusieurs dispositifs :
- Accélération des procédures d’éloignement pour les étrangers en situation irrégulière,
- Meilleure coopération avec les pays d’origine pour assurer l’exécution des expulsions,
- Renforcement des contrôles administratifs et policiers pour identifier les personnes en situation illégale.
Cette politique a permis d’augmenter le nombre d’expulsions malgré les obstacles juridiques et diplomatiques qui peuvent parfois freiner ces procédures.
Des régularisations en baisse
En parallèle de cette hausse des expulsions, la France a réduit le nombre de régularisations. En 2024, 31 250 personnes sans-papiers ont obtenu un titre de séjour, soit 10 % de moins qu’en 2023. Cette baisse marque un changement par rapport aux années précédentes, où les régularisations étaient en hausse.
Cette diminution concerne notamment les travailleurs sans-papiers, avec 10 330 régularisations (-10 %), ainsi que les personnes bénéficiant d’un titre de séjour pour motif familial, qui représentent 20 090 dossiers (-9 %). Cette évolution est en partie liée au durcissement de la circulaire Valls, qui encadre les admissions exceptionnelles au séjour.
Une hausse limitée des titres de séjour
Le nombre de premiers titres de séjour délivrés a légèrement progressé en 2024, avec 336 700 nouveaux titres, soit une augmentation de 1,8 %. Cette hausse est toutefois moins marquée qu’au cours des années précédentes.
Les principaux motifs d’octroi restent inchangés :
- Un tiers des titres sont attribués à des étudiants,
- Un quart concernent le regroupement familial.
Les ressortissants des pays du Maghreb figurent parmi les principaux bénéficiaires de ces titres. Au total, 4,3 millions de titres de séjour étaient en cours de validité en France au 31 décembre 2024, soit une hausse de 3,9 %.
Une diminution des demandes d’asile
Le nombre de demandes d’asile a également reculé en 2024, avec 157 947 dossiers déposés, soit une baisse de 5,5 % par rapport à 2023. L’Ukraine est devenue la première nationalité des demandeurs d’asile, avec 13 350 demandes, un chiffre multiplié par quatre en un an. Cette augmentation est directement liée aux conséquences du conflit en cours dans ce pays.
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Un tournant pour la politique migratoire française
L’année 2024 marque ainsi un resserrement significatif des politiques migratoires en France. Avec une hausse historique des expulsions, une baisse des régularisations et une progression modérée des nouveaux titres de séjour, le gouvernement semble vouloir renforcer le contrôle des flux migratoires.
Ce tournant pourrait alimenter les débats sur l’immigration dans les mois à venir, alors que les autorités poursuivent leur volonté de conjuguer fermeté et contrôle en matière de politique migratoire.
