Les dattes algériennes n'ont plus accès au marché marocain

Les dattes algériennes, en particulier Deglet Nour considérée comme la meilleure variété au monde, font face à un blocage total du marché marocain. Entre tensions diplomatiques, restrictions bancaires et campagnes de boycott, l’accès à ce marché historiquement important devient impossible.

Le Maroc est l’un des plus grands consommateurs et importateurs de dattes au monde, se classant troisième après l’Inde et l’Égypte. Malgré sa propre production, il dépend largement des importations, notamment en période de Ramadan, où la demande explose.

Jusqu’à récemment, l’Algérie, avec sa variété prisée Deglet Nour, figurait parmi les principaux fournisseurs du royaume. Ahmed Mayof, un exportateur algérien interrogé par le site Fresh Plaza, a confirmé que les livraisons vers le Maroc étaient désormais impossibles, en raison de la situation politique et des restrictions imposées par les banques et les douanes.

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A ce titre, l'interlocuteur du média ne précise pas si ce sont les Marocains qui bloquent l'accès aux dattes algériennes en raison des relations exécrables entre l'Algérie et le Maroc ou si ce sont les autorités algériennes qui interdisent l'exportation de ce fruit très apprécié vers le voisin de l'ouest.

Un impact direct des tensions diplomatiques

Les relations entre Alger et Rabat sont particulièrement tendues depuis la rupture diplomatique de 2021, marquée par la fermeture de l’espace aérien algérien aux avions marocains. En janvier 2024, un nouveau coup dur est venu des banques algériennes, qui ont cessé d’accepter toute opération commerciale impliquant le Maroc, rendant toute transaction financière impossible pour les exportateurs.

Autre difficulté : l’option tunisienne, qui permettait auparavant de contourner ces restrictions en réexportant les dattes via la Tunisie, n’est plus viable. Les autorités tunisiennes bloquent désormais les dattes algériennes pour protéger leur propre production.

Un boycott amplifié au Maroc

Au-delà des obstacles institutionnels, les exportateurs algériens font face à une vague de boycott orchestrée sur les réseaux sociaux marocains. Chaque année, à l’approche du Ramadan, des campagnes dénonçant les dattes algériennes circulent, évoquant des raisons économiques et sanitaires. En janvier dernier, des commerçants marocains ont manifesté à Casablanca, réclamant l’arrêt des importations algériennes, arguant qu’elles nuisent à la production locale.

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Face à la "fermeture" du marché marocain, les exportateurs algériens réorientent leurs produits vers d’autres destinations. Les Émirats arabes unis, la France et l’Espagne figurent désormais parmi les marchés ciblés. La campagne d’exportation vers ces pays doit débuter dans les prochains jours, selon les professionnels du secteur.

Malgré une production légèrement inférieure à celle de l’année précédente, la qualité des dattes algériennes reste constante. Les producteurs espèrent ainsi limiter les pertes en diversifiant leurs débouchés, bien que l’absence du marché marocain représente un manque à gagner significatif.


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