L’Algérie, riche en ressources énergétiques, cherche à consolider sa position sur le marché méditerranéen et à assurer la pérennité de ses exportations. Face à une consommation interne croissante, le pays doit optimiser l'utilisation de ses ressources tout en développant de nouvelles capacités de production. Le gouvernement mise ainsi sur une stratégie combinant rationalisation de la consommation, augmentation de la production d’hydrocarbures et développement des énergies renouvelables.
Avec plus d’un tiers de sa production énergétique absorbé par le marché local, l’Algérie se doit d’adopter des mesures pour mieux réguler sa consommation. Lors du dernier Conseil des ministres, le Chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune a insisté sur l’importance de la prospective énergétique, notamment en instaurant une nouvelle approche de régulation et de contrôle. L’objectif est double : éviter le gaspillage tout en préservant le pouvoir d’achat des citoyens.
Rationaliser la consommation pour mieux exporter
Cette régulation apparaît d’autant plus nécessaire que 55 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) sont consommées en 2024, dont la moitié pour la production d’électricité. Une gestion plus efficace des ressources permettrait à l’Algérie d’augmenter ses exportations sans compromettre les besoins internes.
Économie Algérie-Tunisie : les échanges commerciaux bondissent de 166 % en cinq ans
L’Algérie fait face à une concurrence accrue sur le marché gazier européen. Pour maintenir sa position, Sonatrach intensifie ses investissements afin de développer de nouveaux champs et optimiser les infrastructures existantes. Le pays cherche également à attirer de nouveaux partenaires étrangers, ce qui pourrait stimuler la production et garantir une offre suffisante pour répondre à la demande nationale et exporter l’excédent.
L'Algérie mise sur les énergies renouvelables
La réglementation en vigueur impose que toute exportation soit conditionnée à la couverture des besoins internes. Ainsi, l’augmentation des capacités de production est un passage obligé pour permettre à l’Algérie d’augmenter ses ventes à l’international.
La diversification de la production énergétique est un levier stratégique pour l’Algérie. Le pays vise 22 GW de production solaire et éolienne et 40 TWh d’hydrogène vert d’ici 2040. Ces ambitions s’inscrivent dans une volonté d’intégrer le nouveau paysage énergétique mondial, où les énergies propres prennent une place grandissante.
Un tournant stratégique pour Sonatrach
L’Algérie travaille également sur des corridors d’exportation d’électricité et d’hydrogène vert, en complément du gazoduc transsaharien qui renforcerait sa position de hub énergétique régional. En diversifiant ses offres, le pays espère sécuriser ses parts de marché face à la montée en puissance de nouveaux producteurs.
Économie L’Algérie exporte 26 000 tonnes de ce produit vers les États-Unis
Dans un contexte de mutations rapides du marché de l’énergie, l’Algérie n’a d’autre choix que d’adapter son modèle économique. La transition énergétique en cours oblige Sonatrach à réinventer son positionnement pour rester compétitive. L’enjeu dépasse la simple pérennité des exportations : il s’agit de garantir un rôle de premier plan dans le futur système énergétique mondial.
