L’annonce par Donald Trump d’une surtaxe de 30 % sur les produits algériens marque un nouveau tournant dans la politique commerciale des États-Unis. Si cette décision s’inscrit dans une dynamique protectionniste plus large, elle interpelle sur ses effets concrets pour l’économie algérienne.
Depuis le 2 avril, les exportations algériennes vers les États-Unis sont soumises à une hausse tarifaire importante, dans le cadre d’un ensemble de mesures appliquées à 185 pays. Le taux appliqué à l’Algérie passe de 18,9 % à 30 %, l’un des plus élevés en Afrique du Nord après la Libye (31 %). À l’inverse, le Maroc est relativement épargné avec une taxe de 10 %.
Cette politique de « réciprocité commerciale » a été justifiée par Washington comme une réponse aux pratiques jugées déséquilibrées par l’administration américaine. Elle pourrait néanmoins pénaliser plusieurs secteurs d’exportation algériens, notamment les produits hors hydrocarbures.
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Un impact limité mais réel sur les exportations
En 2023, les exportations algériennes vers les États-Unis ont atteint 3,14 milliards de dollars, dont 1,95 milliard de produits pétroliers raffinés, 531 millions de pétrole brut et près de 614 millions de produits hors hydrocarbures. Ces derniers incluent notamment les barres de fer, le ciment, les dattes ou encore les pneumatiques.
La taxation accrue risque de rendre ces produits moins compétitifs sur le marché américain, avec un risque de repli des volumes exportés. Toutefois, ces échanges représentent moins de 6 % du commerce extérieur algérien, ce qui limite la portée macroéconomique immédiate de la mesure.
Diversification commerciale : une stratégie d’atténuation
Face à cette pression tarifaire, l’Algérie s’appuie sur une politique de diversification engagée depuis plusieurs années. L’Afrique constitue un axe central, avec 2,7 milliards de dollars d’exportations en 2023. La création de zones franches régionales, le développement du gazoduc transsaharien et l’intégration à la ZLECAf renforcent cette dynamique.
Parallèlement, les relations commerciales avec l’Europe demeurent solides, avec 50,2 milliards d’euros d’échanges en 2023, notamment grâce aux hydrocarbures. Elles sont sûrement appelées à être développées, surtout que le pays et l'Union européenne devraient réviser l'accord d'association qui les lie depuis 2005. La Chine confirme aussi sa place comme partenaire commercial structurant.
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Malgré la pression américaine, l'Algérie semble prête à amortir le choc, grâce à une exposition modérée au marché américain et une stratégie d’ouverture vers d’autres zones économiques. Il reste à voir si cette surtaxe isolée s’inscrira dans une confrontation commerciale plus large ou si elle restera une initiative ponctuelle du gouvernement américain.
