Un homme sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) a récemment défrayé la chronique en refusant d'embarquer pour l'Algérie lors de son expulsion programmée. Mohammed B., un Algérien de 31 ans, a voulu échapper à son expulsion vers son pays d'origine en se levant au moment de l’embarquement, créant ainsi une situation inédite à l’aéroport de Marseille-Provence.
Arrivé illégalement en France en 2014, Mohammed B. n’a cessé de solliciter l’asile, mais ses demandes ont toutes été rejetées, précise La Provence. Non seulement en France, mais aussi en Allemagne et en Suisse, où il n’a toutefois jamais été renvoyé malgré les décisions de refus. En attendant une solution, il a mené une vie active en tant qu'autoentrepreneur, cuisinier et livreur, et gagnait parfois jusqu’à 4 000 euros par mois. Il vivait également en concubinage à Marseille, où il louait un appartement.
Toutefois, la situation juridique de Mohammed B. s'est compliquée. Sous OQTF depuis avril 2022, il a été condamné à une peine de prison pour des faits de violence aggravée. En janvier 2025, il a été placé en centre de rétention administrative en vue de son expulsion vers l’Algérie.
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Il refuse son expulsion
L’expulsion de Mohammed B. a été tentée à plusieurs reprises. Le 22 mars et le 6 avril, il a été proposé à l’embarquement à l’aéroport de Marseille-Provence, mais lors de cette dernière tentative, il a fait un geste inattendu. Une fois à bord de l'avion, il s’est levé de son siège et a demandé à quitter l’appareil. "Je ne veux pas aller en Algérie", a-t-il expliqué à l’hôtesse de l’air, ajoutant qu’il redoutait un retour immédiat en raison de sa situation dans son pays d’origine.
Selon ses déclarations devant le tribunal, Mohammed B. craignait une répercussion rapide de son retour, affirmant que les autorités algériennes le renverraient immédiatement vers un autre pays. De plus, il évoque sa vie construite en France, avec ses affaires personnelles et professionnelles, comme des éléments qui compliquaient davantage cette expulsion.
Condamné à huit mois de prison ferme
Face à son refus, le tribunal a prononcé une peine de huit mois de prison ferme, ainsi qu’une interdiction du territoire français pour trois ans. La présidente du tribunal lui a rappelé que l’expulsion était une décision administrative, qu’il devait respecter, soulignant que son laissez-passer consulaire avait été délivré conformément à la procédure légale.
