L’euro poursuit sa progression sur le marché noir en Algérie, atteignant 261,5 dinars dans les principales places d’échange informel. Ce niveau, observé début mai, reflète une tension persistante entre une demande croissante de devises et un cadre réglementaire encore flou.
Depuis la fin du mois de mars, la monnaie unique européenne a connu une hausse régulière sur le circuit parallèle. À Alger, au Square Port-Saïd, l’un des centres les plus actifs du change informel, l’euro est passé de 253,5 dinars à 261.5 dinars en un peu plus de trente jours. Il s’approche désormais du record de 262 dinars atteint en décembre 2024.
Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs. Le principal reste l’absence de mécanismes officiels fiables pour accéder aux devises. Tant que les voyageurs, les commerçants et les familles n’ont pas d’alternative transparente, le recours au marché parallèle s’impose.
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Allocation touristique en attente et offre limitée
L’une des mesures censées alléger cette pression, l’augmentation de l’allocation touristique à 750 euros par an, n’a toujours pas été mise en œuvre. Annoncée pour mi-avril, elle n’a pas été suivie d’une publication officielle de la Banque d’Algérie, laissant les cambistes et les particuliers dans l’incertitude.
Ce retard contribue à maintenir la demande sur le marché noir, particulièrement en cette période où les départs vers l’étranger se multiplient. À cela s’ajoute l’approche du Hadj et la préparation de la saison estivale, deux moments qui provoquent une hausse traditionnelle des échanges de devises.
Parallèlement, l’offre sur le marché noir se contracte. Les contrôles douaniers ont été renforcés, limitant les entrées informelles de devises. Une mesure gouvernementale interdit désormais explicitement aux non-résidents de participer au marché noir, ce qui restreint encore les volumes disponibles.
Taux différenciés selon les opérations
Le taux de 261 dinars pour un euro s’applique aux transactions de vente par les cambistes. Pour ceux qui souhaitent échanger leurs euros contre des dinars, le taux pratiqué est inférieur, avec un écart moyen de 10 %. Cette marge reflète à la fois les coûts de transaction et les risques encourus par les acteurs de ce marché non réglementé.
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Le dollar, de son côté, reste stable à 236 dinars, signe que la dynamique haussière touche principalement l’euro. Cela peut s’expliquer par une plus grande demande de la monnaie européenne dans les voyages et les dépenses personnelles des Algériens.
A quand l’ouverture des bureaux de change ?
La mise en place des bureaux de change agréés reste à l’état de projet. Des installations pilotes ont été annoncées dans les ports et aéroports, mais leur ouverture effective se fait attendre. Le manque de clarté sur les conditions d’accès, les plafonds d’échange et les critères d’éligibilité freine la transition vers un système plus structuré.
Tant que ces solutions tardent à se concrétiser, le marché noir conserve sa position dominante. L’euro, dans ce contexte, continue de jouer un rôle central, à la fois comme valeur refuge pour les particuliers et comme référence dans les transactions informelles. Les prochaines semaines seront décisives, notamment si la Banque d’Algérie officialise enfin les nouvelles règles du jeu.
