L'euro entame une nouvelle hausse face au dinar algérien

Le marché noir en Algérie enregistre une nouvelle poussée de l’euro face au dinar algérien. Ce jeudi 8 mai 2025, au square Port-Saïd à Alger, l’unité européenne s’échange à 261 dinars, confirmant une tendance haussière déjà amorcée en fin d’année dernière.

Cette cotation, observée chez les cambistes du marché parallèle, reflète une dynamique alimentée par la demande constante en devises et par l’écart toujours marqué avec les taux officiels. Avec un euro qui se rapproche de ses plus hauts niveaux, la pression sur le dinar algérien pourrait s’intensifier dans les semaines à venir. Sauf changement majeur dans la politique monétaire ou ouverture du marché officiel, le recours au marché noir devrait se poursuivre, consolidant sa position comme véritable référence du taux de change pour une large partie de la population.

Un marché parallèle toujours plus actif

Le square Port-Saïd reste le cœur du marché informel des devises à Alger. C’est là que se fixent, chaque jour, les références du taux de change parallèle. Aujourd’hui, 100 euros s’y échangent contre 26 100 dinars. Cette valeur marque une hausse de 1 dinar par rapport au début de la semaine, rapprochant l’euro de son record historique atteint en décembre dernier à 262 dinars.

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Cette hausse s’explique en partie par des facteurs conjoncturels : une offre limitée d’euros sur le marché, une forte demande interne, notamment à l’approche des périodes de vacances, et une absence d’alternative compétitive dans le circuit bancaire. En l’absence de réforme du système de change, le marché noir reste le seul véritable point de référence pour les échanges en devises.

Ecarts persistants avec le taux officiel

Le contraste avec le taux officiel fixé par la Banque d’Algérie est flagrant. Au même moment, l’euro est coté à 150,42 dinars à la vente dans les banques. Cet écart de plus de 110 dinars crée une prime implicite qui alimente le recours au marché parallèle, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels ayant besoin de devises.

Ce différentiel rend les transactions sur le marché noir beaucoup plus attractives, malgré leur caractère illégal. En pratique, le système bancaire algérien, soumis à des restrictions strictes, ne permet pas un accès libre aux devises. Les particuliers sont contraints de se tourner vers les cambistes informels pour financer leurs projets à l’étranger ou effectuer des achats en ligne.

Une dépendance structurelle au marché noir

La hausse actuelle de l’euro face au dinar algérien n’est pas un phénomène isolé. Elle s’inscrit dans une tendance structurelle alimentée par la faiblesse de l’offre officielle, le manque de devises disponibles dans les banques et l’absence de flexibilité dans les politiques monétaires. Le marché noir comble ce vide, en fixant des taux qui reflètent davantage la réalité de l’offre et de la demande.

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Pour de nombreux Algériens, ce marché parallèle est devenu une nécessité. Qu’il s’agisse de voyages, d’importations informelles ou de transferts familiaux, l’accès aux devises passe presque toujours par le square Port-Saïd ou d’autres points de change informels dans le pays ou à l'étranger.


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