Les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie sont à l’arrêt complet depuis l'arrestation d'un agent consulaire algérien à Paris. Cette décision a entraîné une série de mesures de rétorsion et gelé toute perspective de coopération bilatérale. Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, s'est exprimé une nouvelle fois, sur cette rupture.
Le chef de la diplomatie française a indiqué dans un entretien France Inter/France Télévisions/Le Monde, que les liens sont « totalement gelés », conséquence directe d’une expulsion de personnel diplomatique par Alger. Mi-avril, les autorités algériennes ont procédé à l’expulsion immédiate de douze agents français affectés à la représentation diplomatique à Alger. Jean-Noël Barrot a dénoncé une mesure unilatérale et précipitée, affirmant : « Ce n’est pas uniquement une décision brutale sur le plan administratif, ce sont des hommes et des femmes qui ont dû quitter précipitamment leurs familles, leurs enfants, leurs domiciles. »
Suite à cet incident, l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, a été rappelé à Paris « pour consultations », sans calendrier de retour. L’ambassade reste donc en sous-effectif et sans chef de poste, ce qui entrave toute activité diplomatique opérationnelle.
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Des représailles françaises déjà mises en œuvre
Face à cette expulsion, Paris a réagi en instaurant des restrictions. Selon Barrot, la France a mis en place des mesures limitant l’accès au territoire national pour certains représentants de l’État algérien. « J’ai pris en début d’année des mesures pour restreindre l’accès à la circulation des dignitaires en France, qui avaient été vivement ressenties par les personnes concernées. »
Le chef de la diplomatie n’exclut pas d’élargir ces sanctions. Il précise : « Je ne m’interdis pas d’en prendre. Je ne dirai pas forcément quand je les prendrai, quand je ne les prendrai pas. Ainsi fonctionne la diplomatie. »
Une manière de maintenir une pression diplomatique tout en laissant ouvertes les marges de manœuvre.
La relation entre la France et l’Algérie reste "totalement gelée", déplore Jean-Noël Barrot
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— L'Express (@LEXPRESS) May 11, 2025
Commémorations dans un climat tendu
Dans un autre registre, une délégation d’élus français, notamment issus de la gauche et du centre, s’est rendue récemment en Algérie pour les commémorations des massacres du 8 mai 1945 à Sétif. Barrot a salué cette démarche, qui s’inscrit selon lui dans le processus engagé par la France depuis 2017 : « Ces massacres de Sétif méritent d’être commémorés. D’ailleurs l’ambassade de France à Alger a déposé une gerbe à cette occasion. »
Le ministre a souligné l’importance de la présence parlementaire, tout en reconnaissant qu’elle ne suffit pas à rétablir les canaux officiels de communication. « Il est toujours positif que les parlementaires puissent se déplacer à ces occasions, mais la relation reste bloquée et totalement gelée, » a-t-il dit.
Une paralysie diplomatique persistante
Le constat est net : les échanges diplomatiques entre Paris et Alger sont suspendus. Aucun calendrier de normalisation n’a été fixé. Aucun canal de discussion formel n’a été réactivé. L’ensemble des procédures consulaires, administratives ou stratégiques s’en trouve perturbé.
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Cette situation diplomatique figée survient dans un contexte où l’Algérie représente un partenaire clé pour la France, notamment dans les domaines migratoire, énergétique et sécuritaire. La dégradation des relations entre les deux pays risque donc d’avoir des répercussions concrètes sur plusieurs dossiers bilatéraux, y compris la gestion des flux migratoires, la coopération antiterroriste au Sahel et les échanges commerciaux.
