Une tentative de transfert illicite de devises et de biens culturels a été neutralisée à l’aéroport international d’Alger, Houari Boumediene. L’opération, coordonnée entre la Police des frontières et les Douanes algériennes, a permis l’interpellation de trois individus, la saisie de devises en euros et la récupération de pièces archéologiques.
Selon le journal Ennahar, les faits se sont produits la semaine dernière au terminal international de l’aéroport d’Alger. Deux passagers, de nationalité algérienne, ont été appréhendés alors qu’ils tentaient d’embarquer pour Istanbul à bord d’un vol commercial. Une inspection approfondie de leurs bagages a permis de découvrir 182 500 euros dissimulés dans des enveloppes, elles-mêmes placées dans des boîtes de dattes soigneusement scellées.
La méthode employée indique une tentative claire de dissimulation organisée, typique des circuits de contrebande transfrontalière. L’aéroport d’Alger, en tant que point de passage international majeur, est régulièrement ciblé pour ce type de trafic visant à contourner la réglementation sur les mouvements de capitaux vers l’étranger.
Identification d’un troisième suspect et perquisitions élargies
Suite à cette première saisie, les services de la Police judiciaire ont élargi leur enquête sous l’autorité du parquet compétent. L’exploitation des éléments recueillis a conduit à l’identification d’un troisième individu, localisé dans une wilaya de l’Est du pays. Son interpellation a été suivie d’une perquisition à son domicile, au cours de laquelle ont été saisis 12 000 euros supplémentaires, ainsi que plusieurs objets de nature sensible.
Les agents ont découvert 1 352 pièces de monnaie anciennes, un poignard en argent massif de grande dimension classé comme arme de catégorie VI, ainsi qu’une arme de poing de catégorie VII. Ces objets, vraisemblablement issus de fouilles non déclarées, étaient entreposés sans autorisation ni justificatif légal.
Réseau criminel organisé
La combinaison des éléments saisis – devises, armes, antiquités – indique l’existence d’un réseau organisé, actif sur plusieurs segments du trafic illicite. Le lien entre la contrebande de devises et le trafic de biens culturels est établi par les services d’enquête, qui suspectent une structure criminelle spécialisée dans l’exportation illégale de patrimoine national à destination de marchés étrangers.
Les pièces monétaires anciennes, dont l’inventaire est en cours d’analyse par les services spécialisés, pourraient appartenir à des périodes historiques variées, rendant leur sortie du territoire particulièrement dommageable pour les collections nationales et les institutions muséales.
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Poursuites judiciaires en cours
Les trois individus arrêtés ont été présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Dar El Beïda. Les charges retenues comprennent : transfert illicite de devises, blanchiment de capitaux, détention non autorisée d’armes de catégorie réglementée, et infraction au code du patrimoine relatif aux fouilles archéologiques sans autorisation.
L’ensemble des faits est considéré comme une menace directe à la fois pour l’économie nationale, à travers la fuite illégale de capitaux, et pour le patrimoine culturel du pays, via la tentative d’exportation de biens archéologiques non déclarés.
