L’Algérie s’engage dans une nouvelle ère d’exploitation minière avec cinq projets stratégiques visant à structurer une économie moins dépendante des hydrocarbures. Ces mines, aux réserves considérables, couvrent des ressources clés comme le fer, le phosphate, le zinc, l’or et potentiellement le diamant.
Portés par des partenariats internationaux et des investissements ciblés, ces gisements devraient permettre une montée en puissance de l’industrie minière nationale dans les prochaines années. Le site arabophone Echorouk a répertorié, les 5 plus grandes mines du pays.
Gara Djebilet, 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer
Située dans la région de Tindouf, à l’extrême sud-ouest du pays, la mine de Gara Djebilet abrite environ 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer, dont 1,75 milliard de tonnes jugées exploitables. Ce projet a été réactivé en 2022 grâce à une coopération entre l’Algérie et la Chine. Il prévoit une montée progressive en puissance pour atteindre une capacité de 50 millions de tonnes par an à partir de 2026.
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L’exploitation de Gara Djebilet est appelée à jouer un rôle clé dans la constitution d’une filière sidérurgique nationale, avec pour objectif de réduire les importations d’acier et de favoriser la production locale. Le site devrait générer environ 25 000 emplois directs et indirects.
Djebel Onk, 2,8 milliards de tonnes de minerai
Le gisement de Djebel Onk, qui s’étend sur les wilayas de Tébessa, Souk Ahras, Skikda et Annaba, représente l’un des plus importants bassins phosphatiers du pays. Il contient un volume estimé à 2,8 milliards de tonnes de minerai.
Un projet intégré a été lancé avec un consortium sino-algérien pour produire chaque année 10 millions de tonnes de phosphate brut et 4 millions de tonnes d’engrais. L’investissement global s’élève à 7 milliards de dollars. La chaîne de valeur prévue inclut extraction, transformation et exportation, avec pour ambition de faire de l’Algérie un acteur régional dans le marché des engrais phosphatés.
Tala Hamza 170 000 tonnes de zinc/an
Dans la wilaya de Béjaïa, la mine de Tala Hamza est considérée comme l’un des plus importants projets de zinc encore non exploités à l’échelle mondiale. Le gisement contient environ 34 millions de tonnes de ressources. L’entrée en production est programmée pour juillet 2026.
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L’objectif de production annuelle s’élève à 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb. Le projet, estimé à 400 millions de dollars, est encadré par des exigences environnementales strictes, notamment en matière de gestion des eaux usées et de réhabilitation des sols.
Amesmessa, 70 tonnes d’or,
Localisé dans la région de Tamanrasset, à proximité de la frontière avec le Niger, le gisement d’Amesmessa constitue la première mine d’or active en Algérie. Il renferme environ 70 tonnes d’or, ce qui place l’Algérie au troisième rang des pays arabes en termes de réserves, selon les données de la World Gold Council.
L’exploitation du site repose sur des techniques d’extraction à ciel ouvert et un traitement par lixiviation. Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation des métaux précieux disponibles dans le sud du pays.
Djebel Reggane, potentiellement du diamant
Dans la wilaya d’Adrar, la zone de Djebel Reggane fait actuellement l’objet de campagnes d’exploration géologique pour la recherche de gisements de diamant. Les premiers résultats sont jugés prometteurs, bien qu’aucun volume précis n’ait encore été certifié.
Si la présence de diamant était confirmée, cela marquerait une diversification notable du portefeuille minier national. Des travaux de prospection plus poussés sont en cours pour évaluer la rentabilité d’une éventuelle exploitation industrielle.
Une politique minière tournée vers la transformation locale
Jusqu’à récemment, moins de 10 % du potentiel minier algérien était valorisé. Les projets en cours s’inscrivent dans une nouvelle dynamique, fondée sur des investissements ciblés et une volonté de structurer des filières industrielles complètes. L’objectif n’est pas seulement d’extraire des matières premières, mais de les transformer sur place pour créer de la valeur ajoutée.
Avec ces cinq grands projets, l’Algérie se donne les moyens de repositionner les mines au cœur de son développement économique. Les prochaines années seront décisives pour mesurer la capacité du pays à industrialiser durablement ce secteur stratégique.
