Tensions avec l’Algérie : Macron a convoqué une réunion d’urgence en pleine nuit

Mercredi 22 mai 2025, une réunion restreinte s’est tenue tard dans la soirée à l’Élysée pour faire le point sur la crise diplomatique persistante entre la France et l’Algérie. Cette initiative intervient alors que les tensions entre les deux pays entrent dans leur dixième mois, sans perspective claire d’apaisement.

Le contentieux actuel trouve son origine dans le soutien affiché par Emmanuel Macron, en juillet 2024, au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Cette position, perçue à Alger comme un alignement sur Rabat et une violation du droit international, a ravivé un différend ancien sur une région que l’Algérie soutient historiquement comme territoire en attente de décolonisation, et ce, conformément aux résolutions de l'Organisation des nations unies (ONU).

L’arrestation et la condamnation en mars 2025 du romancier franco-algérien Boualem Sansal ont aggravé la situation. Le traitement judiciaire de son dossier, notamment son incarcération et le rejet des demandes françaises de libération, a renforcé le sentiment de rupture entre les deux capitales.

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Algérie - France : une réunion de crise symbolique de l’impasse actuelle

Le président Emmanuel Macron a convoqué autour de lui une équipe réduite, comprenant le Premier ministre François Bayrou, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, celui des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et le garde des Sceaux Gérald Darmanin. L’objectif était d’évaluer les options diplomatiques face à une impasse marquée par le gel des coopérations bilatérales, le rappel des ambassadeurs, et des restrictions sur les visas diplomatiques.

Selon une information de l'AFP citant des sources proches de l’exécutif et relayée par des médias, l’atmosphère a été qualifiée de « grave », sans qu’aucune mesure nouvelle n’ait été rendue publique à l’issue de cette rencontre. La complexité du dossier, mêlant contentieux historiques, enjeux migratoires et relations consulaire tendues, rend toute issue rapide incertaine.

La coopération migratoire et judiciaire à l'arrêt

Le ministère français de l’Intérieur peine à appliquer les mesures d’éloignement concernant des ressortissants algériens visés par des interdictions de séjour ou des OQTF. En parallèle, Alger refuse d’en accepter un nombre croissant, provoquant la saturation des centres de rétention administrative en France.

À cela s’ajoute la rupture des canaux de communication, après l’échec d’un précédent rapprochement initié en avril par téléphone entre les deux chefs d’État. Ce nouvel épisode confirme la dégradation continue du dialogue bilatéral, sans qu’une médiation ou initiative européenne n’ait encore été évoquée.

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