Des pensions coupées, la France renforce les contrôles sur les retraités algériens

La France renforce ses contrôles sur les pensions versées aux retraités algériens résidant à l'étranger. Ces mesures, en partie inspirées des recommandations de la Cour des comptes, visent à lutter contre les fraudes estimées à plusieurs dizaines de millions d'euros. Parmi les outils déployés : la biométrie et des vérifications renforcées au consulat d'Alger.

Renaud Villard, directeur général de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), a détaillé ce lundi 26 mai 2025 sur franceinfo les nouveaux dispositifs. La biométrie, généralisée depuis septembre 2024, permet de vérifier l'identité des retraités via leur smartphone. "C'est parfois un choc pour un retraité de 85 ans de se filmer, mais nous contrôlons la cohérence biométrique", reconnaît-il.

Si la Cnav évalue les fraudes entre 50 et 60 millions d'euros annuels – un montant inférieur aux 100 millions avancés par la Cour des comptes –, chaque dossier suspect compte. "Nous misons beaucoup sur ce système, même si son appropriation demande de la pédagogie", insiste Renaud Villard.

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Un dispositif ciblé à Alger

Le consulat de France à Alger joue un rôle clé dans ce renforcement des contrôles. Deux agents y sont spécialement dédiés à la convocation des retraités âgés. "Ils doivent se présenter avec leurs pièces d'identité pour prouver qu'ils sont bien en vie", explique le directeur de la Cnav. Cette mesure a déjà permis de supprimer "plusieurs centaines de dossiers suspects", ajoute-t-il.

Ces vérifications physiques complètent les outils technologiques. Elles répondent à un enjeu précis : éliminer les pensions versées à des personnes décédées ou usurpant des identités. Toutefois, Renaud Villard tempère : "Ces fraudes ne représentent pas l'essentiel du déficit de la sécurité sociale, mais leur suppression renforce la confiance dans le système."

Un contexte de déficit alarmant

Le rapport de la Cour des comptes publié ce lundi 26 mai dresse un tableau préoccupant des finances sociales. Le déficit des régimes obligatoires et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) atteint 15,3 milliards d'euros, en hausse de 4,8 milliards sur un an. La branche maladie concentre 90 % de ce trou (13,8 milliards).

Dans ce contexte de redressement des comptes sociaux, les nouvelles mesures appliquées aux retraités algériens s'inscrivent dans une politique globale de rigueur. "Lorsque nous demandons des efforts à l'ensemble des citoyens, nous devons faire preuve d'une totale intransigeance envers les fraudeurs", explique Renaud Villard. Bien que l'impact budgétaire de ces dispositions reste marginal à l'échelle du déficit de la sécurité sociale, leur portée symbolique revêt une importance particulière.

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