La Banque d’Algérie a émis le 27 mai 2025 une directive visant à réduire significativement l’usage du cash en Algérie. Ce texte réglementaire encadre strictement l’activité des fournisseurs de services de paiement (PSP) dans le cadre d’une stratégie nationale de digitalisation des transactions financières. L’objectif principal est de limiter la circulation de l’argent liquide tout en renforçant la sécurité et la transparence des opérations numériques.
Selon Echorouk, la directive impose aux entités souhaitant offrir des services de paiement, qu’il s’agisse d’entreprises spécialisées ou d’institutions financières, de soumettre un dossier complet incluant une étude technique et économique détaillée. Ce document doit démontrer la viabilité du projet, ses objectifs stratégiques, ainsi que son impact attendu sur la réduction du cash dans le système financier algérien.
Les conditions d’octroi des licences s’appuient également sur la transparence des sources de financement. Les candidats doivent prouver la légitimité de leurs fonds et garantir que leurs systèmes informatiques assurent une protection optimale des données utilisateurs. La conformité aux normes de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prévention de la fraude constitue une exigence impérative.
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Exigences financières et organisationnelles renforcées
Les prestataires de services de paiement sont tenus de fournir des projections financières sur trois ans, comprenant un plan de financement, des budgets prévisionnels ainsi qu’une évaluation rigoureuse des risques opérationnels. Ces éléments permettent à la Banque d’Algérie de s’assurer de la solidité financière des futurs acteurs et de leur capacité à limiter les risques liés à leur activité.
La directive prévoit aussi une vérification approfondie de la gouvernance des entreprises candidates. Les actionnaires réels doivent être identifiés avec précision, leur intégrité évaluée, et des mécanismes clairs de gouvernance doivent être mis en place pour éviter tout conflit d’intérêts ou influence non conforme.
Protection des utilisateurs et sécurisation des systèmes
Sur le plan technique, la directive impose aux fournisseurs d’assurer la transparence totale des opérations. Chaque transaction doit être accompagnée d’informations détaillées : montant, commissions appliquées, solde actualisé et référence de l’opération. Les prestataires doivent également mettre en place des canaux de réclamation accessibles et efficaces.
Les infrastructures informatiques doivent intégrer des dispositifs avancés de cryptage, pare-feu et contrôles d’accès stricts. L’objectif est d’assurer la confidentialité et l’intégrité des données tout en empêchant les tentatives de fraude et les attaques informatiques.
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— ObservAlgérie (@ObservAlgerie) May 11, 2025
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Vers une diminution progressive du cash en circulation
Cette nouvelle directive répond à un besoin urgent de moderniser le système financier algérien. Malgré les efforts antérieurs, l’utilisation du cash reste prédominante, exposant le pays à des risques élevés liés à la manipulation de l’argent liquide.
En favorisant le développement des paiements électroniques sécurisés, la Banque d’Algérie met en place les bases nécessaires pour un système de paiement plus fiable et transparent. La digitalisation doit permettre non seulement de réduire le recours au cash, mais aussi d’améliorer l’inclusion financière et d’optimiser la traçabilité des flux monétaires.
Cette réglementation constitue un tournant majeur dans la stratégie nationale de lutte contre le cash. Elle fixe un cadre strict pour les prestataires de services de paiement et instaure des normes élevées en matière de sécurité, de gouvernance et de conformité.
