Classement mondial des réserves de phosphate : où se place l’Algérie ?

L'Algérie compte parmi les principaux acteurs de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), qui abrite l’essentiel des réserves mondiales de phosphate, un minerai stratégique, indispensable à la sécurité alimentaire, au même titre que les hydrocarbures. Selon les dernières données, sept pays de la région concentrent plus de 80 % des réserves planétaires, renforçant leur rôle pivot dans cette ressource vitale.

D'après les chiffres rapportés par le média Attaqa, les pays de la région MENA possèdent collectivement 59,75 milliards de tonnes sur les 74 milliards que compte le stock mondial de phosphate. Cette domination s'explique par des formations géologiques uniques, particulièrement en Afrique du Nord où se trouvent les plus importants gisements.

Le Maroc caracole en tête avec 50 milliards de tonnes, représentant à lui seul 67,5% des réserves mondiales. Viennent ensuite l'Égypte (2,8 milliards), la Tunisie (2,5 milliards) et l'Algérie (2,2 milliards). L'Arabie saoudite et la Jordanie partagent une position similaire avec environ 1 milliard de tonnes chacune, tandis que la Syrie ferme la marche avec 250 millions de tonnes.

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La position de l’Algérie dans ce paysage minier

L'Algérie se classe ainsi au 4ème rang régional et 6ème position mondiale avec ses 2,2 milliards de tonnes, soit près de 3% du total planétaire. Ces réserves, principalement localisées dans la région de Tebessa (gisement de Djebel Onk), font l'objet d'exploitation depuis 1894. En 2024, la production algérienne a atteint 2 millions de tonnes, un chiffre modeste comparé à son potentiel.

Le pays cherche aujourd'hui à valoriser davantage cette ressource, traditionnellement exportée sous forme brute. Des projets de transformation locale en engrais phosphatés pourraient permettre d'augmenter la valeur ajoutée de ce secteur stratégique.

Les leaders incontestés : Maroc et Égypte

Avec ses 50 milliards de tonnes, le Maroc domine outrageusement le secteur. Ses mines, exploitées depuis 1921, génèrent 30 millions de tonnes annuelles et contribuent pour 3% au PIB national. Le royaume bénéficie d'un avantage logistique majeur grâce à sa proximité avec les marchés européens.

L'Égypte, deuxième de la région, mise sur la modernisation de son industrie. Après avoir produit 5 millions de tonnes en 2024, le pays développe des unités de transformation pour réduire les exportations de matière brute. La Tunisie complète ce trio de tête avec 2,5 milliards de tonnes de réserves et une production annuelle de 3,3 millions de tonnes.

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Les autres acteurs régionaux affichent des profils variés. La Jordanie, avec 1 milliard de tonnes, produit massivement (12 millions de tonnes en 2024) grâce à des investissements précoces datant de 1906. L'Arabie saoudite, entrée plus tardivement sur le marché (1983), développe activement ses gisements de Al Jalamid avec 9,5 millions de tonnes extraites en 2024.

La Syrie, malgré des estimations initiales prometteuses (2 milliards de tonnes en 2010), ne semble disposer que de 250 millions de tonnes exploitables aujourd'hui. Le pays tente néanmoins de relancer son secteur par des appels d'offres internationaux.


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