Blanchiment d’argent : l’Algérie classée pays « à haut risque » par l’Union européenne

L’Union européenne a ajouté l’Algérie à sa liste des pays considérés comme « à haut risque » en matière de blanchiment d’argent. Cette décision, annoncée mardi 10 juin 2025, entraînera un renforcement des contrôles sur les transactions financières entre l’Algérie et les États membres de l’UE. Elle intervient dans un contexte où les autorités européennes durcissent leur surveillance des flux financiers suspects.

La Commission européenne a pris cette décision en suivant les évaluations du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme international chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent. Selon un communiqué de la Commission européenne, l’Algérie présente des « lacunes stratégiques » dans son système de contrôle financier, malgré des efforts antérieurs. Le pays n’aurait pas suffisamment mis en œuvre les réformes nécessaires pour se conformer aux normes internationales, selon l'UE.

Cette classification signifie que les banques et institutions financières européennes devront appliquer des vérifications renforcées sur les transferts d’argent en provenance ou à destination de l’Algérie. Les entreprises et particuliers effectuant des opérations transfrontalières pourraient également être soumis à des contrôles plus stricts.

Économie Pétrole à 150 dollars : l’Algérie pourrait profiter d’un nouveau choc des prix

Quelle conséquences économiques potentielles pour l’Algérie ?

L’inclusion de l’Algérie sur cette liste pourrait compliquer ses relations financières avec l’Europe, alors que le pays cherche à attirer des investissements étrangers. Les secteurs concernés incluent les transferts d’argent des travailleurs expatriés, les échanges commerciaux et les partenariats économiques. Bien que cette mesure ne soit pas une sanction directe, elle risque de décourager certains acteurs économiques et d’augmenter les coûts des transactions.

La décision entrera en vigueur un mois après son annonce, sauf opposition du Parlement européen ou du Conseil de l’UE. Jusqu’à présent, les autorités algériennes n’ont pas réagi officiellement, mais des observateurs s’attendent à une réponse visant à accélérer les réformes du système financier national.

D’autres pays concernés par la mise à jour de l’Union européenne

Outre l’Algérie, plusieurs autres pays ont été ajoutés à la liste noire de l’UE, dont le Liban, le Kenya, le Népal et le Venezuela. À l’inverse, les Émirats arabes unis ont été retirés après avoir amélioré leur cadre réglementaire, selon la Commission européenne. Monaco, pourtant réputée pour sa stabilité financière, figure également sur cette liste pour la première fois, signe d’un durcissement des critères d’évaluation.

La Barbade, le Gibraltar, la Jamaïque, le Panama, les Philippines, le Sénégal et l’Ouganda, en revanche, ont été retirés après avoir progressé dans la mise en œuvre des recommandations du GAFI. Ces ajustements reflètent la volonté de l’UE d’adapter sa politique en fonction des évolutions législatives des différents pays.

Économie L’Algérie lance un nouvel appel d’offres pour acheter du blé


Vous aimez cet article ? Partagez !