Face aux pressions croissantes des instances internationales, l’Algérie accélère ses réformes pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ces efforts interviennent après son inscription sur la liste grise du GAFI et la liste noire de l’Union européenne, des décisions perçues comme injustes par Alger. Les autorités multiplient les adaptations législatives pour éviter des sanctions économiques.
Ces derniers mois, l’Algérie a adopté plusieurs textes pour renforcer son dispositif anti-blanchiment, rapporte le journal El Khabar. Parmi les plus récents figurent les quatre plans directeurs publiés cette année, imposant des obligations de vigilance renforcée aux professions à risque, notamment les agents immobiliers et les notaires. Ces mesures incluent l’identification des bénéficiaires effectifs, l’évaluation des risques et le gel d’avoirs suspects.
L’Algérie s’appuie également sur la loi 23-01 de février 2023, modifiant le cadre légal de prévention et de répression du blanchiment d’argent. S’y ajoutent le décret exécutif 25-101 de mars 2025 sur le gel des avoirs liés au terrorisme et le décret 23-430 définissant les contrôles renforcés pour les institutions financières.
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La liste grise du GAFI et la liste noire de l’UE : un défi diplomatique pour l’Algérie
En 2023, le Groupe d’action financière internationale (GAFI) a maintenu l’Algérie sur sa liste grise, malgré une réduction des recommandations de 74 à 13 points. Bruxelles, quant à elle, l’a placée sur sa liste noire en juin 2025, une décision qualifiée de « politisée » par Alger. Les autorités dénoncent une instrumentalisation du dossier, notamment dans le contexte de l’affaire Boualem Sansal en France.
Le prochain examen du GAFI, prévu en octobre 2025, sera crucial. L’Algérie devra présenter un rapport fin juin pour démontrer ses progrès, sous peine de sanctions financières accrues. Parmi les changements notables, la réforme du notariat impose désormais une traçabilité accrue des transactions immobilières et commerciales. Les notaires doivent signaler toute opération suspecte à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
Les huissiers de justice sont aussi concernés, avec l’obligation de déclarer les mouvements de fonds douteux. Parallèlement, le gouvernement pousse à la digitalisation des banques et au renforcement des inspections fiscales, notamment via un projet de taxation des grandes fortunes.
