Algérie : Italiens et Allemands en concurrence sur le mégaprojet de phosphate

Le groupe public Sonatrach a lancé la phase d’ingénierie de l’un des plus importants projets miniers de l’Algérie : le projet de phosphate intégré (PPI) de Bled El Hadba, à Tebessa. Deux groupes internationaux, l’italien Saipem et un partenaire allemand, ont été retenus dans le cadre d’un processus de sélection concurrentielle pour réaliser les études d’ingénierie initiales (FEED – Front-End Engineering Design) du futur complexe.

La phase FEED permettra à Sonatrach de choisir son partenaire principal pour la suite du projet, en attribuant ensuite un contrat EPC (Engineering, Procurement and Construction) au groupe qui proposera la solution technique et économique la plus performante. Ce mécanisme concurrentiel vise à garantir la fiabilité et la viabilité des infrastructures prévues.

Un contrat stratégique dans une phase d'attribution clé

Selon un communiqué de Saipem, publié le 19 juin 2025, « le contrat a été attribué à l'issue d'une procédure d'appel d'offres double (FEED), qui prévoit que les travaux de conception seront réalisés conjointement par Saipem et un opérateur concurrent. Sonatrach sélectionnera ensuite la meilleure solution technique et économique et procédera à l'attribution directe du contrat EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) pour la réalisation du projet ».

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Le contrat couvre la conception d’un nouveau complexe industriel incluant des infrastructures minières à Bled El Hadba (wilaya de Tebessa), des unités de transformation à Oued Keberit, la modernisation du port d’Annaba ainsi que la construction de lignes ferroviaires pour relier les sites au réseau national. L’ensemble constitue la première initiative d’une telle ampleur en matière d’intégration entre extraction minière et production d’engrais en Algérie.

 

Une ambition industrielle tournée vers l’export

Le projet est conçu pour extraire 10 millions de tonnes de phosphate par an et produire jusqu’à 6 millions de tonnes d’engrais. Il s’inscrit dans une stratégie nationale de diversification économique, en réduisant la dépendance aux hydrocarbures et en renforçant la présence algérienne sur le marché mondial des engrais.

La mise en service des installations contribuerait également à stimuler les exportations, notamment par voie maritime depuis le port d’Annaba, et à renforcer les infrastructures ferroviaires du pays.

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Retour de Saipem sur le marché algérien

L'attribution de ce contrat marque également le retour de Saipem en Algérie, après plusieurs années d’absence. L’entreprise, déjà active dans le pays depuis 1968, avait été impliquée dans des litiges judiciaires liés à un précédent contrat. Ce nouvel engagement avec Sonatrach pourrait constituer un tournant pour ses activités dans la région.

La sélection finale entre les deux groupes devrait intervenir à l’issue de l’évaluation des propositions techniques. Le projet, porté conjointement par Sonatrach et Sonarem, est considéré comme un levier majeur de développement industriel pour l’est algérien.


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