Ces derniers mois, l’Algérie a significativement augmenté ses exportations de gaz par gazoducs vers l’Europe, renforçant ainsi sa position de fournisseur clé pour le continent. Cette hausse intervient dans un contexte où l’Union européenne cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement, notamment après la réduction des livraisons russes.
Selon un récent rapport du Forum des pays exportateurs de gaz cité par le média spécialisé Attaqa, l’Algérie a accru ses livraisons de gaz par gazoducs vers l’Europe au cours des cinq premiers mois de 2025. Les exportations algériennes vers l’Espagne et l’Italie ont respectivement progressé de 4 % et 2 % par rapport à la même période en 2024. Ces chiffres confirment la place de l’Algérie comme deuxième fournisseur de gaz naturel de l’Union européenne via pipelines, derrière la Norvège mais devant la Russie et l’Azerbaïdjan.
Avec la fin de l’accord de transit du gaz russe via l’Ukraine en décembre 2024, l’Europe a dû trouver des alternatives pour compenser la perte de 15 milliards de mètres cubes annuels. L’Algérie, qui dispose d’infrastructures solides comme les gazoducs Medgaz (vers l’Espagne) et Transmed (vers l’Italie), a joué un rôle clé dans cette transition.
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L’Algérie, un partenaire énergétique stratégique pour l’Europe
En 2025, l’Union européenne a importé un total de 60 milliards de mètres cubes de gaz par pipelines, soit une baisse de 10 % par rapport à l’année précédente. Dans ce contexte, l’augmentation des livraisons algériennes a permis de limiter l’impact du recul des approvisionnements norvégiens, qui ont diminué en raison de problèmes techniques et de maintenance.
Malgré cette progression, l’Algérie fait face à une concurrence accrue, notamment des États-Unis et du Qatar, qui dominent le marché du GNL. Pour consolider sa position, Alger mise sur des investissements dans ses capacités de production et d’exportation. Le pays prévoit notamment d’augmenter sa production gazière dans les prochaines années, avec des projets d’exploration et de développement de nouveaux gisements.
Par ailleurs, l’Algérie pourrait bénéficier des tensions géopolitiques persistantes en Europe de l’Est, qui incitent les pays européens à sécuriser leurs approvisionnements. La diversification des partenariats, notamment avec l’Allemagne et la France, pourrait ouvrir de nouvelles opportunités commerciales.
Perspectives d’avenir pour les exportations algériennes
D’après les projections de l’Institut des économies de l’énergie et de l’analyse financière, les importations européennes de gaz (pipelines et GNL) devraient diminuer de 25 % d’ici 2030, en raison du développement des énergies renouvelables et des politiques d’efficacité énergétique. Cependant, à court et moyen terme, la demande reste soutenue, offrant à l’Algérie une fenêtre d’opportunité pour renforcer ses parts de marché.
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Dans ce cadre, Alger pourrait tirer profit du plan REPowerEU, lancé par la Commission européenne pour réduire la dépendance aux hydrocarbures russes. Si les tendances actuelles se maintiennent, l’Algérie pourrait consolider sa position parmi les principaux fournisseurs de gaz naturel en Europe, à condition d’adapter sa stratégie aux évolutions du marché énergétique mondial.
