Le Roi du Maroc Mohammed VI veut-il vraiment la paix avec l’Algérie ?

Le 29 juillet 2025, lors de son discours marquant le 26e anniversaire de son accession au trône, le roi du Maroc, Mohammed VI, a relancé son appel à l’Algérie pour rétablir des relations bilatérales apaisées. Ce geste survient après plusieurs années de tensions diplomatiques, notamment autour de la question du Sahara Occidental.

Dans son discours, le roi du Maroc a exprimé son souhait de voir les frontières fermées depuis 1994 être rouvertes, en soulignant l’importance de créer un climat de paix et de coopération entre le Maroc et l’Algérie. Mohammed VI a également évoqué la nécessité de renforcer les liens entre les nations du Maghreb pour garantir une stabilité régionale durable.

Le roi a appelé à un « dialogue fraternel et sincère » autour du Sahara occidental, pour une solution sans « vainqueur ni vaincu ». Mohammed VI a plaidé pour « un dialogue franc et responsable (…) portant sur les différentes questions en souffrance entre les deux pays ». Cependant, cette "main tendue" est perçue comme un simple geste diplomatique dans un contexte géopolitique plus large où le Maroc semble en quête de nouvelles alliances stratégiques.

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La question du Sahara Occidental reste le principal point de friction. Le royaume chérifien considère ce pays reconnu par l'ONU comme une partie intégrante de son territoire et a proposé une "autonomie" sous sa souveraineté. En revanche, l’Algérie soutient le peuple sahraoui, qui aspire à son autodétermination. Le roi veut œuvrer pour « une solution consensuelle qui sauve la face à toutes les parties », sans donner plus de détails.

La position de l’Algérie

L’Algérie a toujours fait savoir qu’elle ne reconnaîtrait jamais la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental, estimant que la question relève du droit à l’autodétermination des peuples. Cette divergence de points de vue rend toute réconciliation difficile, malgré les appels répétés à un dialogue constructif. De plus, les événements de 1994, où les services de renseignement marocains ont accusé l'Algérie d’être impliquée dans les attentats de Marrakech, ont aggravé les tensions. Les derniers agissements marocains contre l'Algérie ont également, jeté une ombre sur les tentatives de normalisation.

Le rapprochement avec Israël, initié par le Maroc en 2020 dans le cadre des accords d'Abraham, a également cristallisé les divisions entre les deux pays. L’Algérie, qui reste fidèle à sa politique de soutien à la cause palestinienne, considère ce rapprochement comme une trahison.

Une diplomatie marocaine en quête de nouvelles alliances

Pour les observateurs, le discours de Mohammed VI s'inscrit dans un contexte plus large où le Maroc semble réévaluer ses priorités diplomatiques. En plus de sa coopération renforcée avec Israël, le royaume cherche à diversifier ses relations économiques et stratégiques, notamment avec les États-Unis et les pays européens. Le Maroc, qui fait face à une situation économique et sociale complexe, cherche à attirer de nouveaux investissements et à sécuriser son positionnement géopolitique dans un monde en pleine mutation.

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Le royaume chérifien semble également vouloir se débarrasser de l’image d’isolement régional qui le pèse, en réintégrant des discussions plus globales sur la stabilité du Maghreb et de l’Afrique du Nord. Cependant, les appels à l’Algérie sont perçus par certains analystes comme une tentative de regagner des points de soutien sur la scène internationale, notamment auprès des puissances occidentales.


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