Passeports diplomatiques et officiels : l’Algérie répond à la France

Les relations diplomatiques entre l’Algérie et la France connaissent une tension croissante, particulièrement autour de la gestion des passeports diplomatiques et officiels. L’Algérie a réagi fermement à la décision de la France de suspendre un accord sur les conditions de circulation des diplomates et des fonctionnaires algériens. 

L'annonce de la suspension de certains accords par la France, notamment ceux liés aux passeports diplomatiques et aux conditions d’accueil des ressortissants algériens, a déclenché une réponse immédiate de l’Algérie. Cette décision survient dans un contexte de relations déjà tendues, marquées par des divergences sur la gestion des questions migratoires et les droits des ressortissants algériens en France.

Les autorités algériennes ont publié ce jeudi 7 août, un communiqué où il dénonce les violations par la France des accords bilatéraux signés au fil des décennies. Ces accords régissent notamment la liberté de circulation des citoyens algériens et la protection des diplomates. Selon Alger, la France a failli à ses obligations en matière de facilitation de la circulation des diplomates algériens, notamment en matière d’exemption de visas pour les titulaires de passeports diplomatiques.

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Dans le communiqué relayé par l’agence de presse APS, les autorités algériennes indiquent que "en tout premier lieu, et s’agissant de la dégradation des rapports algéro-français, cette lettre exonère la France de l’intégralité de ses responsabilités et fait porter tous les torts à la partie algérienne. Rien n’est plus loin de la vérité et de la réalité. Dans toutes ses phases, la crise actuelle a régulièrement donné lieu à des communiqués officiels du ministère algérien des Affaires étrangères. Ces communiqués ont systématiquement établi les responsabilités dans l’escalade et révèlent que les réactions et les contre-mesures que les autorités algériennes ont pu adopter s’inscrivaient strictement et rigoureusement dans le cadre de l’application du principe de réciprocité."

Les violations des engagements français

L’Algérie a exprimé son mécontentement face à plusieurs violations des engagements français. L’un des points de discorde majeur réside dans le traitement des ressortissants algériens en France, notamment ceux en situation irrégulière. L’Algérie accuse la France de ne pas respecter les modalités d’un accord de 1994, concernant le rapatriement des citoyens algériens en situation irrégulière. En outre, l’Algérie souligne que la France a modifié unilatéralement les conditions d’application de plusieurs accords bilatéraux, notamment celui de 2013 sur les passeports diplomatiques et de mission.

"C’est la France, également, qui a manqué au respect de ses engagements au triple titre de l’accord algéro-français de 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, de la convention consulaire algéro-française de 1974 et de l’accord algéro-français de 2013 relatif à l’exemption des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service". Et d'ajouter, "c’est la France, en outre, qui s’est donné pour seule et unique objet de fixation l’accord algéro-français de 1994 relatif à la réadmission des ressortissants algériens vivants en situation irrégulière en France, accord dont elle a dénaturé la raison d’être et détourné les objectifs véritables. C’est la France, enfin, qui s’est affranchie de ses devoirs contractés au titre de la convention européenne des droits de l’homme de 1950".

La suspension de ces accords par la France est perçue comme une violation grave des engagements internationaux pris par les deux pays. L’Algérie insiste sur le fait que ces décisions unilatérales nuisent aux relations entre les deux nations et créent un climat de méfiance.

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L’Algérie réaffirme sa souveraineté

Face à cette situation, l’Algérie a réagi en réaffirmant sa souveraineté et sa volonté de défendre les droits de ses citoyens. Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que l’Algérie ne tolérerait aucune forme de pression ou d’ingérence dans ses affaires intérieures.

"La France, dès la survenance de cette crise de son propre fait, a posé sa gestion en termes de rapports de force. C’est elle qui a procédé par injonctions, ultimatums et sommations. C’était ignorer, bien légèrement, que l’Algérie ne cède pas à la pression, à la menace et au chantage quels qu’ils soient. Ce sont ces constats qui dictent aujourd’hui la réponse algérienne à la lettre adressée par le chef d’État français au chef de son exécutif ».

En outre, l’Algérie a souligné qu’elle n’avait jamais sollicité la mise en place de l’accord concernant les passeports diplomatiques, et que c’était la France qui, à plusieurs reprises, avait demandé l’instauration de cet arrangement. Ainsi, la suspension de cet accord par Paris a été perçue comme une décision arbitraire, à laquelle l’Algérie répond par un rejet catégorique.

A la fin l'Algérie promet que « désormais, les visas qui seront accordés aux titulaires français de passeports diplomatiques et de service obéiront, en tous points, aux mêmes conditions que celles que la partie française imposera à leurs homologues algériens ».

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