Une affaire de marchandises non conformes défraie la chronique au port d'Alger. Trois conteneurs d'équipements de pesage en provenance de Chine, dépourvus de certification, ont été dédouanés malgré leur non-conformité aux réglementations algériennes. Les enquêtes judiciaires ont révélé des irrégularités dans le processus de dédouanement.
Selon le journal Echorouk, les investigations ont permis d'identifier trois conteneurs de 40 pieds contenant des balances électroniques et leurs accessoires importés de Chine par une entreprise basée à Sétif. Ces marchandises, dépourvues de numéro de série et de mention du pays d'origine, ne respectaient pas les normes algériennes en matière de métrologie légale. Bien que le ministère de l'Industrie et l'Office national de la métrologie légale (ONML) aient refusé leur entrée sur le territoire, deux conteneurs ont tout de même été dédouanés et extraits du port d'Alger, tandis que le troisième était stocké dans un entrepôt douanier à Boumerdes.
Les vérifications ont montré que les documents d'importation ne mentionnaient pas l'autorisation obligatoire délivrée par l'ONML. Un inspecteur des douanes a confirmé avoir examiné le contenu des conteneurs et constaté l'absence de licence requise. Des échantillons envoyés à l'ONML ont été rejetés, confirmant la non-conformité des marchandises. Pourtant, deux conteneurs ont été libérés avant que les autorités n’ordonnent leur saisie le 19 mai 2024, suite à une intervention judiciaire.
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Port d'Alger : une affaire portée devant la justice
Le directeur de l'ONML a souligné que ces équipements, dépourvus de marquage et de certification, ne pouvaient en aucun cas être commercialisés en Algérie. De son côté, l'agent de transit chargé du dossier a affirmé avoir suivi les procédures douanières habituelles, ignorant apparemment l'obligation d'obtenir une validation préalable de l'ONML. Les enquêteurs ont également relevé des contradictions dans les déclarations des douaniers, certains niant avoir prélevé des échantillons pour expertise, contrairement aux affirmations de l'ONML.
Le dossier a été transmis à la chambre d'accusation de la Cour d'Alger, qui a identifié des preuves suffisantes pour poursuivre les importateurs et les fonctionnaires impliqués. Les investigations ont confirmé que les balances électroniques importées n'étaient pas conformes aux normes ISO ou aux spécifications algériennes, et leur introduction sur le marché aurait pu faciliter des fraudes commerciales. La législation algérienne exige en effet une certification préalable de l'ONML pour tout équipement de mesure, avec obligation de tests techniques avant dédouanement.
