Algérie : le mégaprojet de Gara Djebilet franchit une nouvelle étape

Le vaste gisement de minerai de fer de Gara Djebilet, situé au sud-ouest de l’Algérie, vient de franchir un cap décisif. Longtemps freiné par des contraintes naturelles et logistiques – isolement géographique, manque d’eau, d’énergie et de moyens de transport – le projet est désormais lancé et avance vers une phase stratégique : la déphosphoration.

Selon un article de nos confrères de l'Algérie aujourd'hui, cette étape est cruciale pour réduire la teneur en phosphore du minerai et ainsi rendre son exploitation viable à grande échelle, condition indispensable pour hisser l’Algérie parmi les acteurs majeurs de la sidérurgie mondiale.

Le défi de la déphosphoration

Après le démarrage des opérations d’extraction et l’installation des unités de traitement primaire, le groupe public Sonarem, maître d’œuvre du projet, se prépare à lancer la phase de purification. L’objectif : ramener le taux de phosphore du minerai de 0,8 % à moins de 0,3 %. Une exigence technique incontournable pour obtenir un fer de qualité compatible avec la production sidérurgique internationale.

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Pour atteindre ce résultat, l’Algérie s’appuie sur l’expertise chinoise, notamment celle du groupe MCC, membre du consortium CMH, déjà partenaire de Sonarem. Une rencontre récente entre le P-DG du groupe algérien et les responsables chinois a permis d’évoquer l’implantation des unités de déphosphoration et le transfert de technologie qui doit accompagner cette étape.

 

Recherche et innovation pour l’industrie 5.0

Si la sidérurgie demeure le premier horizon du projet, la purification du minerai ouvre aussi de nouvelles perspectives. Le chercheur algéro-canadien Karim Zaghib, reconnu pour ses travaux sur les batteries lithium-fer-phosphate, place la valorisation du gisement au centre de ses recherches. Aux côtés d’une équipe internationale, il a déjà obtenu des résultats encourageants dans le développement de procédés durables de purification.

Selon lui, ces avancées pourraient non seulement répondre aux besoins de l’industrie sidérurgique, mais également alimenter les filières émergentes de l’industrie 5.0, notamment les technologies liées à l’énergie et au stockage. Avec la mise en place des unités de déphosphoration et le recours à une expertise conjointe – algérienne et étrangère – l’un des principaux freins techniques au projet pourrait bientôt être levé.

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L’autre obstacle majeur, celui du transport, est déjà en passe d’être surmonté grâce à la construction d’une ligne ferroviaire de 950 kilomètres destinée à relier le site au réseau national. En éliminant ces contraintes qui avaient bloqué le projet depuis les années 1970, l’Algérie espère enfin donner à Gara Djebilet la dimension stratégique qui lui revient et transformer ce gisement en moteur de croissance industrielle et technologique.


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