Lithium, néodyme, dysprosium : l'Algérie détient 20% des terres rares mondiales

Le sous-sol algérien recèlerait environ 20% des réserves mondiales de terres rares selon des estimations géologiques récentes. La présence de métaux critiques comme le lithium, le néodyme et le dysprosium a été confirmée par des études spécialisées. Cette situation place le pays dans une position particulière face à la demande croissante en minéraux stratégiques.

Des études de l'Agence du service géologique de l'Algérie, citées par le journal El Watan, ont confirmé la présence de terres rares dans le territoire national. Les recherches ont identifié du néodyme et du dysprosium dans les gisements de phosphate, ainsi que d'autres métaux critiques comme le lithium, le cobalt et l'indium. Ces estimations datant de 2018 indiquent un potentiel représentant environ 20% des réserves mondiales.

Le Docteur Mourad Ghoualmi, ingénieur en automatique, précise que ces ressources pourraient soutenir le développement d'une industrie locale de fabrication de composants pour les énergies renouvelables. Toute exploitation future devra néanmoins tenir compte des aspects environnementaux et nécessitera des technologies avancées selon le spécialiste.

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Le contexte mondial des terres rares

Le marché mondial des terres rares était évalué à 4,5 milliards de dollars en 2023 et devrait atteindre près de 10 milliards de dollars d'ici 2032, avec un taux de croissance annuel de 9,6%. La demande est tirée par les véhicules électriques, les énergies renouvelables, l'électronique grand public et les technologies de défense. La Chine domine actuellement ce marché à hauteur de 70%, suivie par les États-Unis et l'Australie.

Un rapport de la Bourse émiratie des matières premières (DMCC) publié en février 2025 indique que les besoins pourraient se multiplier par 75 d'ici 2050 par rapport à 2020. Cette croissance exponentielle explique la course aux approvisionnements que se livrent les grandes puissances économiques mondiales.

Les stratégies internationales d'approvisionnement

L'Union européenne a adopté en mars 2025 une liste de 47 projets répartis dans 13 États membres pour exploiter les terres rares sur son territoire. Ces projets bénéficient d'une enveloppe de 22,5 milliards d'euros et de procédures accélérées. Quelques semaines plus tard, une seconde liste de 13 projets hors UE a été annoncée, concernant notamment le Groenland.

Les pays du Golfe ont également engagé des plans d'investissement massifs, avec un programme qatari de 100 milliards de dollars prévu dans une dizaine de pays africains en août 2025. Ces investissements visent explicitement les richesses minérales du continent africain qui héberge environ 30% des réserves mondiales.

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La position algérienne face à ses ressources

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a annoncé en février 2025 l'exclusion temporaire de l'exploitation des terres rares. Cette décision vise à préserver ces richesses pour les générations futures et à évaluer les meilleures solutions technologiques pour une exploitation durable. La position algérienne privilégie une approche réfléchie et responsable.

L'Algérie s'est fixé comme objectif d'atteindre une capacité installée de 15 000 MW d'électricité d'origine renouvelable d'ici 2035. Le pays devra réaliser des investissements importants dans les réseaux intelligents et les solutions de stockage d'énergie, ce qui pourrait bénéficier à terme de l'exploitation maîtrisée de ses ressources en terres rares.


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