L'Algérie lance officiellement l'opération d'importation de 10'000 bus

L’Algérie a officiellement lancé l’opération d’importation de 10'000 bus destinés à renouveler une grande partie du parc national de transport de voyageurs. Annoncée en août 2025 par le Chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune à la suite du grave accident de bus de l'oued El Harrach ayant fait 19 morts, cette initiative entre désormais dans sa phase opérationnelle avec la délivrance des premières licences d’importation.

La mise en œuvre du programme a débuté par l’attribution de licences à trois opérateurs : Tirsam Groupe, Peng Pu Algérie et la SNVI, cette dernière relevant du ministère de la Défense nationale. Ces entreprises ont été retenues en raison de leur expérience dans la fabrication ou l’assemblage de véhicules en Algérie.

La cérémonie de remise des autorisations s’est tenue à Chlef, en présence du Premier ministre Sifi Ghrieb, du ministre de l’Industrie et du ministre de l’Intérieur. À cette occasion, les responsables ont rappelé que cette opération répondait à une urgence nationale, visant à remplacer progressivement les bus de plus de 30 ans, puis ceux dépassant 20 ans.

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Algérie : une ambition industrielle parallèle

Le lancement de cette opération d’importation est accompagné d’une volonté de soutenir l’industrie nationale, en s’appuyant sur des structures locales actives dans le montage de véhicules. C’est notamment le cas de Peng Pu Algérie, qui a relancé depuis début 2025 son usine de Chlef pour produire des bus et camions sous licence Daewoo.

L’usine affiche une capacité de 8000 bus et 5000 camions par an, avec un objectif de hausser le taux d’intégration à 70 % pour les bus d’ici cinq ans. Cette montée en puissance industrielle s’appuie sur des accords de sous-traitance signés avec la Bourse nationale dédiée.

 

Des garanties sur le Service après-vente

Un point de vigilance a été soulevé par plusieurs professionnels du secteur : l’absence de concessionnaires agréés pour les marques concernées, principalement d’origine chinoise (Yutong, Asia Motors, Higer, FT BCI, Zong Tong). Le gouvernement a répondu à ces inquiétudes en affirmant que les opérateurs disposeront des moyens nécessaires pour assurer l’entretien, la disponibilité des pièces et le service après-vente.

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Les bus seront importés pour le compte de l’État, selon un cahier des charges strict élaboré par une commission interministérielle. Cela signifie que les véhicules ne seront pas destinés à une vente commerciale libre, mais à une intégration directe dans les réseaux publics.

Cette opération marque un tournant stratégique pour la modernisation des transports collectifs en Algérie. Elle illustre un effort combiné entre urgence sécuritaire, politique industrielle et investissement public, avec des retombées attendues sur la mobilité urbaine et la qualité du service aux usagers.


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