Le nouveau ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé sa volonté de rétablir un dialogue avec l’Algérie sur les dossiers sécuritaires et migratoires, dans un contexte marqué par des tensions diplomatiques persistantes. L'accord franco-algérien de 1968, qui régit les conditions de séjour des ressortissants algériens en France, reste, selon lui, hors de toute remise en question.
Dans une interview accordée à France Inter le 19 octobre, Laurent Nuñez a souligné la nécessité de relancer les relations avec Alger. Il a reconnu l’absence actuelle de coopération sécuritaire et d’échange d’informations, qualifiant cette situation de problème majeur pour le ministère de l’Intérieur. Le ministre a affirmé qu’il fallait "un mouvement" pour dépasser l’impasse actuelle, bien qu’aucun contact officiel n’ait encore été établi avec son homologue algérien.
Cette déclaration marque une rupture avec la ligne de son prédécesseur, Bruno Retailleau, partisan d’une dénonciation de l’accord de 1968. Nuñez, lui, a écarté toute modification immédiate de ce texte, estimant qu’il fonctionne encore, même si ses effets peuvent être discutés.
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Algérie-France : un accord sous pression
L’accord franco-algérien signé le 27 décembre 1968, modifié en 1985 et 1994, accorde aux Algériens un statut spécifique en matière de circulation, d’installation, de travail et de protection sociale en France. Il est régulièrement critiqué dans le débat politique français, certains élus de droite et d'extrême droite y voyant un obstacle au contrôle des flux migratoires.
Un rapport parlementaire, publié le 15 octobre, proposait justement de remettre en cause ces dérogations. Mais la position de Nuñez semble privilégier la voie diplomatique. Il a également mentionné les difficultés liées à l’exécution des Obligations de quitter le territoire français (OQTF), signalant que 40 % des personnes retenues en centre de rétention (CRI) sont de nationalité algérienne.
Un contexte bilatéral sensible
La France reproche à l’Algérie de refuser d’accueillir certains de ses ressortissants visés par des mesures d’expulsion, faute de délivrance de laissez-passer consulaires. Ce point demeure l’un des nœuds du blocage diplomatique. Parallèlement, Alger considère que la France agit de manière unilatérale sur certaines questions migratoires.
Dans ce climat, Laurent Nuñez se distingue par un ton plus conciliant. Il affirme vouloir restaurer un canal de discussion pragmatique avec Alger, sans aggraver les tensions en modifiant unilatéralement des accords bilatéraux structurants. L’évolution de cette position pourrait relancer la coopération dans les mois à venir, sur fond de rapprochement progressif entre les deux capitales.
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