Immigration clandestine : la mise au point de l'Algérie

L’Algérie a réaffirmé sa position sur la question de l'immigration clandestine à l’occasion d’une rencontre bilatérale entre le ministre de l’Intérieur algérien Saïd Sayoud et son homologue espagnol Fernando Grande-Marlaska, tenue le 20 octobre 2025 à Alger. Le pays rejette toute instrumentalisation politique de ce phénomène et met en avant une approche fondée sur la coopération, la responsabilité et le respect des droits humains.

Lors de son intervention dont El Khabar a donné un compte rendu, le ministre algérien a indiqué que plus de 100'000 migrants irréguliers avaient été empêchés de poursuivre leur route vers l’Europe depuis le territoire algérien au cours de l’année 2025. Par ailleurs, 82'000 personnes ont été reconduites vers leurs pays d’origine, selon le ministre, dans des conditions respectueuses de leur dignité.

Dans la continuité de sa stratégie de gestion migratoire, l’Algérie a également facilité, en coordination avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le retour volontaire de 7000 migrants africains au cours de cette même année, et de 8000 en 2024. Le gouvernement souligne que ces efforts témoignent d’une politique migratoire équilibrée, à la fois rigoureuse et humaine.

Politique Maroc : ce que l’on sait des tensions rapportées autour du palais de Mohammed VI

Une coopération sécuritaire renforcée avec l'Espagne

La visite du ministre espagnol à Alger s’inscrit dans un cadre de coopération stratégique renforcée entre les deux pays. Plusieurs responsables des deux côtés ont participé à la réunion, abordant des thématiques telles que la sécurisation des frontières maritimes, la lutte contre les réseaux de traite, le trafic de stupéfiants, la cybersécurité et la protection civile.

Le ministre Sayoud a souligné que les défis actuels, notamment dans le bassin méditerranéen, imposaient un dialogue politique renforcé et des actions conjointes durables. L’Algérie est perçue par l’Espagne comme un partenaire clé dans la gestion régionale des flux migratoires.

L'Algérie rejette toute utilisation politique de l'immigration clandestine

Prenant ses distances avec certaines pratiques observées ailleurs en matière d'immigration clandestine, le ministre algérien a déclaré que « l’Algérie ne se sert pas de la migration comme d’un levier de pression ou de chantage politique ». Une déclaration qui vise à dissiper les soupçons quant à une éventuelle utilisation opportuniste des flux migratoires vers l’Europe, surtout que le Maroc voisin a connu des épisodes le soupçonnant d'avoir instrumentalisé l'immigration clandestine à des fins politiques, comme en mai 2021 quand des milliers de Marocains ont envahi l'enclave de Ceuta, devant des militaires passifs.

Le ministre espagnol a salué les efforts algériens, qualifiant l’Algérie de partenaire stratégique, et soulignant l'efficacité de la coordination bilatérale dans un contexte de montée des menaces régionales, concernant particulièrement les questions sécuritaires et de l'immigration clandestine.

Politique L’Algérie participe à un exercice naval dirigé par les États-Unis en Méditerranée


Vous aimez cet article ? Partagez !