L'Union européenne lorgne les terres rares de l'Algérie

L’Algérie et l’Union européenne ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique. Après l’énergie, c’est désormais le secteur minier, en particulier celui des terres rares et des métaux stratégiques, qui est au cœur des discussions. Cette orientation marque un changement de cap pour les deux partenaires, soucieux d’anticiper les tensions d’approvisionnement mondiales dans les technologies de pointe.

À l’occasion d’une rencontre tenue, mardi 21 octobre 2025 à Alger, entre Mohamed Arkab, ministre des Hydrocarbures et des Mines, et Diego Mellado, ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, les deux parties ont exploré de nouvelles pistes de collaboration. Selon un communiqué du ministère publié sur sa page Facebook, les discussions se sont concentrées sur le renforcement de la coopération énergétique, déjà bien établie autour du gaz naturel et de la transition énergétique, mais également sur le développement du secteur minier algérien.

L’Algérie, riche en ressources encore peu exploitées, entend jouer un rôle de fournisseur stratégique de l’Europe dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement mondiales en terres rares sont de plus en plus soumises à des risques géopolitiques et industriels.

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Algérie : des métaux convoités par les industries vertes

Les terres rares et minéraux stratégiques sont devenus essentiels pour les technologies de demain : véhicules électriques, éoliennes, panneaux solaires, batteries ou électronique militaire. L’Europe, consciente de sa dépendance à la Chine, cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement. L’Algérie, avec ses gisements inexploités, apparaît comme un partenaire crédible.

L’Union européenne a exprimé sa volonté de cofinancer des projets de transformation locale, afin d’éviter le simple modèle extractif. La logique est claire : créer une chaîne de valeur complète, allant de l’extraction à la transformation sur place, avec des retombées pour l’industrie algérienne. Cela passe par des investissements directs, le transfert de technologies et la formation d’ingénieurs locaux.

Un cadre juridique rénové pour attirer les investisseurs

Le nouveau code minier, adopté en début d’année, introduit une série de dispositions incitatives destinées à rassurer les partenaires étrangers. Il simplifie les procédures, sécurise les droits d’exploitation et encourage la création d’un tissu industriel local. Cette modernisation s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique pour réduire la dépendance aux hydrocarbures.

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Avec ces évolutions, l’Algérie espère capter une partie de la demande européenne croissante, stimulée par les objectifs du Pacte vert pour l’Europe et la montée en puissance des énergies renouvelables.

La visite de l’ambassadeur européen confirme l’intérêt de Bruxelles pour les ressources critiques algériennes. Ce rapprochement ne se limite pas à l’économie : il s’inscrit dans une logique de sécurisation des flux stratégiques à l’heure des recompositions géopolitiques. Pour l’Algérie, ce virage vers les industries du futur pourrait constituer un levier de transformation structurelle à moyen terme.


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