Le Nigeria a réaffirmé son engagement en faveur du gazoduc transsaharien (TSGP), écartant les rumeurs d’un changement de stratégie. Ce projet, initié avec l’Algérie et le Niger, vise à acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le territoire algérien. À la veille du 27ᵉ forum des pays exportateurs de gaz (GECF), le ministre nigérian des Ressources pétrolières a confirmé la position de son pays aux côtés de ses partenaires africains.
Le TSGP, long de 4200 kilomètres, est conçu pour relier les champs gaziers du Nigeria aux infrastructures algériennes déjà connectées au marché européen. Le projet, annoncé depuis plusieurs décennies, a été réactivé par les trois pays signataires avec un budget de 200 millions de dollars destiné à la mise à jour des études de faisabilité. Ces travaux ont été confiés au cabinet britannique Penspen, déjà impliqué dans la première évaluation technique en 2006.
A l'occasion d'une rencontre à Doha (Qatar) avec le ministre algérien des Hydrocarbures et des mines, Mohamed Arkab, le ministre nigérian Ekperikpe Ekpo a qualifié le gazoduc de « pilier stratégique pour renforcer l’approvisionnement du marché mondial ». Selon lui, le TSGP permettrait une entrée rapide et compétitive du gaz nigérian sur les marchés internationaux, en s’appuyant sur l’infrastructure gazière existante en Algérie, jugée plus fiable que les alternatives envisagées.
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Les alternatives au TSGP en perte de vitesse ?
Cette déclaration intervient alors que des voix soutiennent toujours une solution transatlantique, via un gazoduc reliant le Nigeria au Maroc, puis à l’Europe. Ce projet, plus long et plus coûteux, devrait traverser 14 pays et peine à mobiliser les financements nécessaires. A moins que les rumeurs concernant l'implication des Emirats arabes unis se confirment, les Emiratis pouvant financer ce projet pour contrarier l'Algérie.
Face à cela, le Nigeria semble désormais écarter toute ambiguïté, s’alignant clairement sur l’option saharienne. Cependant, les Nigérians sont susceptibles d'opter pour les deux projets, tant que cela aide à écouler leurs hydrocarbures sur le marché mondial. En tout état de cause, le TSGP est vu comme un levier stratégique de coopération régionale, renforcé par l'appui d'institutions africaines telles que la Banque africaine de développement, la CEDEAO ou encore la Chambre africaine de l’énergie. Cela veut dire aussi que les dirigeants du Nigeria résistent bien à la pression qu'ils subissent de certaines parties.
Vers une concrétisation progressive
Sur les 4200 km prévus, 1800 km restent à construire, dont 700 km en Algérie, 1000 km au Niger et 100 km au Nigeria. Les discussions à Doha entre les ministres algérien et nigérian de l’Énergie ont permis de réaffirmer les objectifs communs, notamment en matière de sécurité énergétique régionale et de coopération technique.
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Le soutien des partenaires africains et le consensus entre les États concernés pourraient donner un nouveau souffle à ce projet continental. À terme, le TSGP pourrait contribuer à rééquilibrer les flux gaziers mondiaux, dans un contexte marqué par l’instabilité des marchés et la recomposition des alliances énergétiques.
