L’Algérie reste dans la liste grise du GAFI malgré les réformes

Le Groupe d’action financière (GAFI) a publié sa dernière mise à jour concernant les juridictions sous surveillance accrue. L’Algérie y figure toujours, dans la catégorie dite de la « liste grise ». Cette classification concerne les pays soumis à un suivi renforcé du dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Selon le GAFI, cette surveillance implique que le pays a pris des engagements pour améliorer ses mécanismes de contrôle, mais que certaines lacunes demeurent. Le maintien de l’Algérie sur cette liste intervient à la suite des travaux de la session plénière du GAFI tenue à Paris en octobre 2025. Le rapport rappelle que le pays a entrepris plusieurs réformes depuis l’évaluation mutuelle adoptée en mai 2023. Ces réformes concernent notamment la supervision fondée sur les risques, la transparence des bénéficiaires effectifs et la mise en œuvre des sanctions financières ciblées liées au financement du terrorisme.

Le GAFI précise que les autorités algériennes ont adopté de nouvelles mesures réglementaires pour encadrer les institutions financières et renforcer les obligations de vigilance. Ces initiatives visent à aligner le dispositif national sur les standards internationaux du GAFI, organisme intergouvernemental créé en 1989 et chargé d’élaborer les normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

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Réformes engagées par les autorités algériennes

Le cadre juridique national a évolué avec la mise en œuvre de la loi n° 05-01 relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette loi fixe les procédures de détection, de déclaration et de sanction des opérations suspectes. En septembre 2025, la Banque d’Algérie a adopté le règlement n° 25-14, qui encadre plus strictement les obligations des banques et établissements financiers. Ce texte précise les procédures internes de conformité et les exigences de contrôle imposées aux acteurs du secteur.

Les autorités ont également renforcé le rôle de la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), structure nationale chargée de la collecte et de l’analyse des informations liées aux transactions suspectes. Cette cellule coopère avec les services de sécurité et les autorités judiciaires pour améliorer la détection des circuits financiers illégaux.

Le ministère des Finances a indiqué que des actions de sensibilisation ont été menées auprès des professions non financières, notamment les notaires, les avocats et les experts-comptables. Ces catégories professionnelles sont soumises à des obligations déclaratives dans le cadre du dispositif national de lutte contre le blanchiment d’argent.

Points à renforcer selon le GAFI

Le rapport du GAFI mentionne plusieurs domaines nécessitant une amélioration. Il souligne la nécessité de mieux identifier les bénéficiaires effectifs des entreprises et de renforcer la supervision des secteurs non financiers. Le GAFI recommande également d’accroître l’efficacité des sanctions administratives et judiciaires liées aux infractions financières.

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Le rapport évoque la question de la transparence des flux transfrontaliers et des transferts informels. Ces mouvements de capitaux représentent un défi pour les autorités de contrôle et peuvent constituer un vecteur de blanchiment ou de financement illicite. Le GAFI préconise un suivi plus rigoureux de ces transactions et une meilleure coordination entre les institutions concernées.

Dans sa communication officielle, le GAFI reconnaît que l’Algérie a accompli des progrès mesurables dans la mise en œuvre de son plan d’action, tout en soulignant que les mesures doivent encore démontrer leur efficacité sur le long terme. L’organisation précise que le retrait de la liste grise dépendra de l’évaluation de la mise en œuvre concrète et durable des réformes entreprises.

L'Algérie reste sous suivi du GAFI

Le maintien de l’Algérie dans la liste grise signifie que le pays restera sous suivi renforcé du GAFI. Ce suivi implique des rapports périodiques sur l’avancement des réformes et une évaluation régulière du dispositif par les experts de l’organisation.

Le GAFI coopère avec les autorités nationales, la Banque d’Algérie et la CTRF afin de suivre la progression du plan d’action adopté. Les prochaines étapes consisteront à évaluer la supervision du secteur financier, la qualité des données sur les bénéficiaires effectifs et la capacité de détection des opérations à risque.

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Cette décision place l’Algérie dans une phase de consolidation de son cadre réglementaire et institutionnel en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, conformément aux exigences techniques du GAFI.


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