L’Algérie conserve une place centrale sur la carte énergétique du continent africain. Forte de ressources abondantes en pétrole et en gaz, elle demeure l’un des principaux fournisseurs de l’Europe et un acteur influent au sein de l’OPEP. Son programme d’exploration et de développement, piloté par la société nationale Sonatrach, confirme la volonté du pays de maintenir sa production tout en diversifiant ses sources d’énergie.
L’histoire pétrolière de l’Algérie remonte aux années 1950. Le premier gisement de gaz naturel a été découvert en 1954, suivi du champ pétrolier de Hassi Messaoud en 1956, dans le sud-est du pays. Cette région, tout comme celle de Hassi R’mel, demeure au cœur de l’activité énergétique nationale. Après l’indépendance en 1962, l’État a créé Sonatrach en 1963 et a rejoint l’OPEP en 1969, consolidant ainsi sa présence sur le marché international.
L’Algérie s’est imposée au fil des décennies comme le principal producteur d’énergie d’Afrique, grâce à la qualité de son pétrole léger et à sa proximité géographique avec l’Europe. Ses exportations sont facilitées par un réseau d’oléoducs et de gazoducs reliant directement les champs sahariens aux terminaux méditerranéens d’Arzew et de Skikda.
Économie Crédits pour retraités en Algérie : ce qui pourrait changer avec le taux de 2 %
Des réserves importantes et des investissements massifs
Selon les données de l’OPEP citées samedi par le média spécialisé Attaqa, les réserves pétrolières prouvées de l’Algérie s’élèvent à 12,2 milliards de barils à la fin de l’année 2024, un volume stable depuis 2006. Le champ de Hassi Messaoud, situé près des frontières libyennes, représente à lui seul environ 3,9 milliards de barils, soit plus de 70 % des réserves nationales. À cela s’ajoutent les ressources du bassin de Berkine et de la région d’Illizi, qui complètent la carte énergétique du pays.
Entre 2022 et 2024, Sonatrach a réalisé plusieurs découvertes significatives. En mars 2022, un nouveau gisement a été mis en évidence à Zemlet El Arbi, estimé à 140 millions de barils. D’autres découvertes ont suivi, notamment à Ouled Sidi Cheikh-1 et à Aqla Nasser 2, en coopération avec la société italienne Eni.
Dans le même temps, un plan d’investissement de 40 milliards de dollars a été engagé pour la période 2023-2027, dont 30 milliards destinés à l’exploration et à la mise en valeur des hydrocarbures.
Une production pétrolière en reprise progressive
Après une baisse enregistrée en 2023, la production de pétrole brut a retrouvé une tendance haussière. En 2024, la moyenne annuelle s’est établie à 905'000 barils par jour, contre 969'000 barils en 2023. Grâce à la levée progressive des restrictions de production imposées par l’OPEP+, la production a atteint 951'000 barils par jour en septembre 2025, soit le niveau le plus élevé depuis la fin de 2023.
Économie La France demande à l’Algérie des livraisons urgentes de pétrole et de GNL
Les exportations ont également progressé. Durant les neuf premiers mois de 2025, elles ont atteint 418'000 barils par jour, contre 409'000 à la même période de 2024. Les principaux clients demeurent l’Espagne, la France et le Royaume-Uni, qui absorbent la majorité du pétrole algérien transporté par voie maritime.
Malgré la stabilité de la production, les revenus pétroliers ont légèrement reculé, passant de 26,1 milliards de dollars en 2023 à 25,8 milliards en 2024, représentant près de la moitié des recettes d’exportation du pays.
Le gaz naturel, pilier du secteur énergétique algérien
Le gaz occupe une place essentielle dans l’économie algérienne. Le pays dispose d’un potentiel prouvé de 4504 milliards de mètres cubes de réserves, dont la moitié est concentrée dans le gisement de Hassi R’mel, découvert en 1956. L’Algérie figure parmi les principaux producteurs de gaz d’Afrique et approvisionne plusieurs pays européens via les gazoducs TransMed (vers l’Italie) et Medgaz (vers l’Espagne).
Économie Gaz algérien : les exportations de GNL au plus bas depuis 13 ans
En 2024, la production gazière a atteint 94,7 milliards de mètres cubes, contre 101,5 milliards en 2023, selon les données du British Energy Institute. Le pays vise un objectif de 110 milliards de mètres cubes par an d’ici 2027, soutenu par des projets d’expansion et de modernisation des infrastructures.
Parallèlement, l’Algérie reste un exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL), avec quatre complexes de liquéfaction, dont trois à Arzew et un à Skikda. En 2024, ces installations ont permis l’exportation de 11,6 millions de tonnes de GNL, principalement à destination de l’Europe et de l’Asie.
Une transition énergétique encore en préparation
Si les hydrocarbures dominent encore la production énergétique nationale, le pays commence à investir dans les énergies renouvelables. Le secteur de l’électricité repose actuellement à près de 99 % sur le gaz naturel, mais plusieurs projets solaires sont en cours.
Le gouvernement prévoit une hausse de 45 % de la capacité électrique d’ici 2028, pour atteindre 36'000 mégawatts. L’objectif est de diversifier les sources d’approvisionnement et de réduire les émissions de CO₂, estimées à 156 millions de tonnes en 2024.
Économie Importation de voitures en Algérie : les Douanes publient un démenti
L’Algérie cherche ainsi à concilier valorisation de ses hydrocarbures et transition progressive vers un modèle énergétique plus équilibré. Avec des réserves considérables, des projets d’exploration en cours et une production stable, le pays demeure un acteur central du marché énergétique africain et méditerranéen.
