Le témoignage d’un policier français d’origine algérienne

Kader, 31 ans, est gardien de la paix à Roubaix. Français d’origine algérienne, il raconte son parcours et son quotidien dans la police. Ses parents ont quitté l’Algérie en 1969 pour s’installer dans le nord de la France. Son père était maçon, sa mère faisait des ménages. L’un des quatre enfants de la famille, Kader décrit une enfance simple, marquée par le travail et la solidarité.

Dans un témoignage au site l'Essentiel de l'Eco, Kader raconte que dès son plus jeune âge, il voulait devenir policier. Il a suivi cette voie, convaincu de servir l’intérêt public. Aujourd’hui encore, il affirme aimer son métier et se sentir utile. Mais son expérience dans la police nationale s’accompagne de tensions et de regards pesants.

Dans certains quartiers, explique-t-il, les jeunes le considèrent avec méfiance. « Ils ne comprennent pas pourquoi moi, le fils d’immigrés, je fais partie des forces de l’ordre », confie-t-il. Certains vont jusqu’à lui dire qu’il a « choisi le mauvais camp ». Une situation difficile à vivre pour celui qui se veut au service de tous.

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Le poids du regard et les tensions internes

Au sein de l’institution, Kader évoque un climat parfois délicat. Il ne cache pas que le racisme existe dans la police. « Pas chez tout le monde, mais assez pour qu’on apprenne à se taire », explique-t-il. Par prudence, il garde ses distances et évite d’aborder certains sujets, de peur d’être perçu comme trop proche des populations qu’il protège.

Il raconte aussi avoir été confronté à des remarques déplacées. En uniforme, dans la rue, une femme lui a lancé : « Toi, retourne au bled, t’es pas un vrai flic. » Au travail, certaines réflexions sur le ramadan le mettent mal à l’aise. Il choisit de ne pas répondre, mais reconnaît que ces situations l’usent à la longue.

Un sentiment d’exclusion après le vote d’un texte

Kader revient également sur un épisode politique récent : le vote, le 30 octobre 2025, d’un texte concernant les accords franco-algériens. Le projet a été soutenu par le Rassemblement national et une partie de la droite. Pour lui, cette décision a eu un impact symbolique fort.

« J’ai eu l’impression d’être trahi », dit-il. « Ce n’était pas qu’un débat politique, c’était un message envoyé à des millions de personnes comme moi : “vous ne faites pas vraiment partie de la France”,» indique-t-il. Face à ce ressenti, Kader a préféré le silence. Il explique n’avoir évoqué le sujet ni avec ses collègues ni avec ses amis, convaincu qu’ils ne comprendraient pas sa position.

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Entre attachement et inquiétude

Malgré les difficultés, Kader reste attaché à la France. Il rappelle que ce pays lui a offert une éducation, un emploi et une stabilité. Mais il se dit lucide sur le climat social actuel, où il perçoit une montée de la méfiance envers les personnes d’origine algérienne.

Marié à une femme algérienne et père de deux enfants, il confie son inquiétude pour leur avenir. « J’ai peur qu’ils grandissent dans une société qui les regarde avec suspicion », dit-il. « Je voudrais qu’ils puissent être fiers de ce qu’ils sont, comme je l’ai toujours été. »


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