Et si l'Algérie abrogeait l'accord de 1968 avec la France ?

L'hypothèse d'une abrogation de l'accord de 1968 entre l'Algérie et la France est désormais ouvertement évoquée dans le débat public. Cette perspective intervient dans un contexte de tensions diplomatiques autour de cet accord qui régit les conditions de circulation et de séjour des ressortissants algériens en France. La proposition émane d'une figure diplomatique algérienne qui avance plusieurs arguments pour justifier cette rupture potentielle.

Dans une publication sur ses réseaux sociaux jeudi 6 novembre, le diplomate et ancien ministre de la Communication Abdelaziz Rahabi a avancé une proposition concernant l'accord de 1968. L'ancien ministre a préconisé que « l'Algérie prenne l'initiative d'abroger cet accord bilatéral ». Son argumentation repose sur l'évaluation que « les avantages consentis aux Algériens dans le cadre de ce texte sont devenus minimes ».

Rahabi justifie sa proposition en indiquant que « les bénéfices de l'accord sont désormais faibles pour les citoyens algériens ». L'ancien ministre estime que le droit commun français « offre dans nombreux cas des conditions plus favorables » que celles prévues par l'accord de 1968. Cette analyse le conduit à recommander une initiative algérienne unilatérale pour « mettre fin à cet arrangement bilatéral ».

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Le contexte politique français

La proposition de l'ancien ministre algérien intervient après des déclarations du Premier ministre français Sébastian Lecornu. Le chef du gouvernement français a exprimé le souhait de « renégocier l'accord de 1968 dans les plus brefs délais ». Lecornu a qualifié l'accord actuel d’« inadapté à plusieurs égards » lors de ses déclarations récentes.

L'Assemblée nationale française a voté une résolution non contraignante appelant le gouvernement à l'abrogation de l'accord. Rahabi considère que les déclarations du Premier ministre français « ne respectent pas les normes diplomatiques usuelles » entre États souverains. Le diplomate algérien interprète ces positions françaises comme équivalant à « une volonté d'annulation unilatérale de l'accord ».

Les implications politiques

Selon l'analyse développée par Abdelaziz Rahabi, l'abrogation de l'accord permettrait de « couper court aux instrumentalisations politiques ». L'ancien ministre souligne que la droite française utilise cet accord comme « un élément de débat » dans son agenda politique intérieur. Cette situation aurait contribué selon lui à « développer une hostilité » envers les citoyens algériens en France.

La question des citoyens algériens serait devenue « un sujet central dans le débat politique français » sur l'immigration. Rahabi estime que « les Algériens sont présentés comme principalement responsables » de la crise migratoire et de ses conséquences. L'abrogation de l'accord « mettrait fin », selon lui, à cette « instrumentalisation politique préjudiciable aux intérêts algériens ».

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Les précédents historiques

Le diplomate algérien rappelle un précédent historique datant de décembre 1979 pour étayer son analyse. Le président français Valéry Giscard d'Estaing avait alors décidé le rapatriement de 35 000 citoyens algériens par an. Rahabi souligne que « l'Algérie avait fait face à cette situation » qu'il qualifie de « plus grave » que le contexte actuel.

L'ancien ministre note que les mesures de 1979 furent finalement annulées après la défaite électorale de Giscard d'Estaing en 1981. Il mentionne que l'Algérie « s'était déclarée prête à accueillir ses citoyens dans le respect de leur dignité ». Ce précédent historique sert, selon lui, à « démontrer la capacité de l'Algérie à gérer les crises diplomatiques » avec la France.


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