Remplacer le dinar algérien en supprimant un zéro : la proposition forte d'un expert

Une proposition concrète de réforme monétaire pour l’Algérie, impliquant le changement de la monnaie nationale et la suppression d’un zéro, a été récemment formulée. L’initiative émane de Mohamed Gahche, économiste et analyste politique basé à Washington. Elle vise à restructurer le système financier dans le cadre d’une réponse plus large aux défis économiques structurels du pays.

Dans une contribution publiée ce mercredi 3 décembre par le journal Le Jeune Indépendant, Mohamed Gahche explique que cette réforme monétaire repose sur un constat. L’économie algérienne est confrontée à plusieurs défis, notamment la faiblesse de l’inclusion financière, l’expansion du marché parallèle des changes, la fragilité du système fiscal et ce qu’il qualifie d’« effondrement de la valeur du dinar ». Il présente cette mesure non comme une solution isolée, mais comme un levier complémentaire à des réformes financières, fiscales et bancaires.

L’économiste n’en est pas à sa première recommandation en ce sens. Il indique avoir publié un article en 2020 dans la presse nationale, intitulé « Le gouvernement devrait supprimer le zéro de la monnaie algérienne – défis et avantages ». Dans ce précédent travail, il présentait déjà cette idée comme un moyen de soutenir la transparence financière et d’intégrer les liquidités circulant en dehors des circuits officiels dans le système bancaire.

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Les mécanismes et objectifs visés

Le principe technique est celui d’une dénomination. La proposition vise à supprimer un zéro de la monnaie nationale, établissant un taux de conversion où 1 nouveau dinar algérien équivaudrait à 10 anciens dinars. Selon Mohamed Gahche, cette opération, qui ne modifierait pas le pouvoir d’achat réel, est un mécanisme utilisé par d’autres pays pour restructurer leur système monétaire. L’objectif principal est d’améliorer la transparence financière et de renforcer l’efficacité des outils de politique monétaire.

Un avantage direct mis en avant est l’intégration des fonds informels dans le système bancaire. Le processus obligerait les détenteurs de liquidités à échanger leurs anciens billets, ce qui nécessiterait un dépôt en banque et l’enregistrement des transactions. L’expert estime que cette procédure permettrait de révéler l’origine de sommes colossales, évoquant des milliards accumulés par des acteurs du commerce informel, du négoce de devises ou des importations parallèles, qui échappent souvent à l’impôt.

Les mesures d’accompagnement préconisées

Mohamed Gahche associe cette réforme monétaire à d’autres mesures précises. Il propose de rendre obligatoire l’ouverture d’un compte bancaire pour toute personne souhaitant procéder à l’échange de l’ancienne monnaie contre la nouvelle. Les fonds déposés ne pourraient ensuite être utilisés que par des moyens scripturaux (chèques, virements), avec une limitation stricte des retraits en espèces importants. Cette mesure viserait à contrôler les mouvements de fonds et à lutter contre le blanchiment d’argent.

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Une autre piste développée est la libéralisation encadrée du marché des changes, avec l’octroi de licences au secteur privé pour ouvrir des bureaux de change. Ceux-ci seraient soumis à un cadre strict et à un système fiscal flexible, taxant faiblement les taux proches du cours officiel et fortement les écarts importants, pour limiter la spéculation. Toutes les transactions devraient être enregistrées, permettant un meilleur contrôle des flux de devises.

Le contexte économique global et les autres leviers

L’économiste rappelle que la seule réforme monétaire ne suffirait pas à renforcer durablement le dinar. Il affirme que « l’augmentation de la valeur du dinar ne peut être réalisée par une simple décision administrative ». Elle nécessiterait, selon lui, un ensemble de réformes incluant le développement de la production locale, le renforcement des industries manufacturières et la réduction du déséquilibre chronique des échanges commerciaux.

Il cite également d’autres leviers à activer, comme la conclusion d’accords bilatéraux avec les pays voisins, sur le modèle d’un éventuel accord Algérie-Tunisie, permettant des échanges directs de devises locales sans passer par le dollar ou l’euro. Enfin, il insiste sur le potentiel du tourisme, secteur qu’il décrit comme une ressource économique majeure pour de nombreux pays, et qui pourrait, en Algérie, générer des entrées de devises et soutenir la monnaie nationale. La mise en œuvre de cette réforme monétaire, conclut-il, reposerait sur un cadre juridique strict, une période de transition claire et une vaste campagne de sensibilisation.


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