Algérie : voici le montant des réserves de change fin octobre 2025

Les indicateurs financiers de l'Algérie ont enregistré une évolution marquée au cours des derniers mois de l'année 2025. Les réserves de change, un indicateur clé de la capacité du pays à honorer ses engagements extérieurs, ont connu une baisse significative. Ces chiffres proviennent de bases de données utilisées par les institutions financières internationales.

Selon les données consolidées de CEIC Data, une plateforme utilisée par les banques centrales, les réserves de change algériennes en devises se sont établies à 47,1 milliards de dollars à la fin du mois d'octobre 2025. Ce montant représente une diminution par rapport au stock de fin d'année 2024, qui s'élevait à 67,8 milliards de dollars selon les chiffres du Fonds monétaire international (FMI) publiés en juin 2025 dans le cadre de sa mission Article IV. La baisse entre ces deux dates dépasse 20 milliards de dollars.

La tendance mensuelle confirme une érosion continue. Entre septembre et octobre 2025, le stock de devises en Algérie est passé de 49,6 à 47,1 milliards de dollars, soit un recul de 2,5 milliards en un mois. Si l'on considère le périmètre plus large des réserves internationales hors or, qui inclut les droits de tirage spéciaux et la position de réserve auprès du FMI, le stock atteignait environ 52 milliards de dollars à la même période, toujours d'après les données du FMI compilées par CEIC.

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Les causes structurelles : un déficit de la balance des paiements

Les statistiques de la Banque d'Algérie permettent d'identifier les mécanismes à l'origine de cette consommation des réserves. Le solde global de la balance des paiements a affiché un déficit de 7,506 milliards de dollars sur le premier semestre de l'année 2025. Ce déficit se traduit directement par un prélèvement sur le stock de devises. Le compte des transactions courantes présente un déséquilibre encore plus prononcé, avec un déficit de 10,483 milliards de dollars pour la même période.

Ce résultat s'explique par plusieurs facteurs. Les recettes d'exportation ont reculé, influencées par des prix des hydrocarbures moins favorables et une baisse des volumes exportés, notamment pour le gaz naturel. Parallèlement, la facture d'importation de biens et de services est restée élevée, dans un contexte de reprise de la demande interne. La croissance du crédit à l'économie, évaluée à 6,99 %, et la hausse du produit intérieur brut (PIB) de 4,5 % au premier trimestre 2025 illustrent cette dynamique.

L'impact sur la marge de manœuvre économique

Le niveau des réserves de change conditionne la capacité d'un pays à absorber des chocs économiques externes. Fin 2024, le stock de 67,8 milliards de dollars permettait de couvrir approximativement quatorze mois d'importations. Avec un montant qui s'approche désormais de 47 milliards de dollars, cette marge de sécurité se réduit. La vitesse de l'érosion, avec une baisse de plus de vingt milliards de dollars en dix mois, retient l'attention des observateurs.

Cette réduction limite la capacité de réaction des autorités face à une éventuelle baisse prolongée des cours du pétrole ou du gaz. Une telle situation pourrait se traduire plus rapidement par des pressions sur la valeur du dinar algérien et sur le financement des importations essentielles. Toutefois, avec un stock avoisinant 47 milliards de dollars, l'Algérie conserve une capacité d'intervention significative, qui reste supérieure aux seuils critiques observés dans certaines économies émergentes en difficulté.

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Les perspectives et le contexte international

La poursuite de la baisse en octobre 2025, après le passage sous la barre des 50 milliards de dollars en septembre, illustre un ajustement continu. Cette tendance n'est pas un accident ponctuel mais le reflet d'un déséquilibre persistant entre les entrées et les sorties de devises. Les sorties liées à la libéralisation partielle de certains flux, comme les transferts financiers et le tourisme, s'ajoutent à l'équation macroéconomique.

Les données du FMI et de CEIC Data offrent un cadre de comparaison international. Le déficit du compte capital, légèrement négatif à 38 millions de dollars au premier semestre 2025, n'a pas compensé le déséquilibre du compte courant. La situation nécessite un suivi attentif des prochains indicateurs mensuels publiés par la Banque d'Algérie pour évaluer si la tendance se maintient ou si des correctifs interviennent.


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