Le groupe Cevital visé par une action judiciaire en France

Le groupe algérien Cevital fait l’objet de procédures judiciaires engagées en France par d’anciens salariés du groupe Brandt. Ces actions concernent les conditions de liquidation de l’entreprise et les licenciements qui ont suivi. Plusieurs juridictions françaises sont saisies dans ce dossier.

L'information a été révélée vendredi 24 avril 2026 par l'Agence France-Presse. Une soixantaine d'anciens salariés du groupe Brandt s'apprête à saisir la justice. Ils contestent les conditions dans lesquelles leur entreprise a été liquidée en décembre 2025. Me Fiodor Rilov, l'avocat qui les représente, a confirmé à l'AFP que deux actions en justice vont être lancées courant mai 2026.

Parmi les salariés représentés, une dizaine ont travaillé sur le site de Saint-Jean-de-la-Ruelle, dans le Loiret. D'autres étaient employés à Vendôme, en Loir-et-Cher. L'ancien groupe Brandt employait jusqu'en décembre 2025 environ 700 personnes au total. La principale usine, située à Saint-Jean-de-la-Ruelle, concentrait à elle seule 350 salariés.

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L'historique du groupe Brandt avant sa liquidation

Avant sa disparition en décembre 2025, l'entreprise Brandt était un fleuron du patrimoine industriel français. Le groupe centenaire détenait les marques Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich. Il est passé entre les mains de plusieurs propriétaires au fil des rachats et des liquidations judiciaires. L'Israélien Elco, puis l'Espagnol Fagor, ont successivement contrôlé l'entreprise.

En 2014, le groupe algérien Cevital a repris Brandt. Le chiffre d'affaires de Cevital s'élève à 4 milliards d'euros, selon des données publiées sur son site internet. Après plusieurs années sous le contrôle du conglomérat algérien, l'entreprise a été liquidée en décembre 2025. Les marques et les stocks ont été cédés à la mi-mars 2026 pour un montant de 18,6 millions d'euros à la Centrale d'achat française pour l'Outre-mer, Cafom, distributeur d'équipement de la maison dans les territoires ultramarins.

Les deux procédures judiciaires qui visent Cevital

La première action est une procédure prud'homale. Elle vise à contester le licenciement jugé abusif par les anciens salariés. Me Rilov a exposé le fondement de cette procédure à l'AFP. « La liquidation a eu lieu dans un contexte suspect et nous estimons qu'elle aurait pu être évitée si Cevital ne s'était pas retiré de cette manière », a-t-il déclaré. L'objectif est d'obtenir des indemnités pour les salariés concernés.

La seconde action sera portée devant le tribunal judiciaire d'Orléans. Elle concerne la responsabilité civile du groupe Cevital. Me Rilov a précisé le sens de ces démarches : « Les salariés sont légitimement en colère, le but est symbolique ». Il a ajouté qu'il s'agit aussi « d'obtenir des indemnités qui viendront compléter, de manière très relative, le dommage subi ». Les deux procédures seront exercées à l'encontre du groupe algérien.

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Les prochaines étapes pour les anciens salariés

Une première réunion de suivi est prévue ce samedi 25 avril 2026. Elle se tiendra à Saint-Ouen, en Loir-et-Cher, non loin de l'ancienne usine de Vendôme. Ce site regroupait environ 90 personnes avant la liquidation. La plupart des ex-salariés défendus par Me Rilov sont issus de cette usine.

L'avocat a indiqué que les deux actions en justice seront lancées officiellement courant mai 2026. Les anciens salariés du site de Saint-Jean-de-la-Ruelle et ceux de Vendôme sont concernés par ces procédures. La reprise des marques et des stocks par Cafom à la mi-mars 2026 pour 18,6 millions d'euros n'a pas empêché les licenciements. Environ 700 personnes ont perdu leur emploi lors de la liquidation de cette entreprise centenaire du paysage industriel français.


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