Un homme âgé de 63 ans, de nationalité marocaine, est au centre d’une affaire judiciaire en Algérie liée à l’usage de documents administratifs falsifiés. Selon les éléments évoqués devant la cour d’Alger, il aurait vécu près de 37 ans dans le pays en se présentant comme citoyen algérien.
L’affaire a été examinée par la chambre pénale de la cour de justice d’Alger, lors d’une audience tenue le 26 avril 2026. Le prévenu est identifié dans le dossier sous le nom de T. Rachid.
Une identité contestée après des décennies
Selon Ennahar, durant l’audience, le juge a interrogé à plusieurs reprises l’accusé sur sa nationalité. Les échanges ont porté sur son origine réelle, entre nationalité algérienne et marocaine. L’homme a maintenu qu’il était algérien et qu’il était né dans le quartier d'El Harrach, à Alger.
Il a expliqué avoir construit sa vie sur place, travaillé et fondé une famille. Selon ses déclarations, ses enfants sont nés en Algérie et il n’aurait jamais quitté durablement le territoire, à l’exception de quelques déplacements.
Les autorités judiciaires indiquent toutefois que son nom n’apparaît pas dans les registres de l’état civil de la commune d'El Harrach sous l’identité qu’il revendique. Cette absence d’enregistrement a renforcé les doutes autour de son identité administrative.
Des documents administratifs au centre de l’enquête
L’enquête a été déclenchée après la découverte de plusieurs documents considérés comme irréguliers. Parmi eux figurent une certification de nationalité et un permis de conduire.
Ces pièces auraient été utilisées pendant plusieurs années pour justifier sa situation administrative en Algérie. Les services de sécurité estiment que les informations qu’elles contiennent ne correspondent pas aux bases de données officielles.
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Selon les éléments du dossier, ces documents auraient permis au prévenu de réaliser différentes démarches administratives liées à son séjour et à son activité professionnelle. Les enquêteurs ont également relevé l’absence de traces administratives cohérentes avec une inscription régulière à l’état civil algérien.
Version du prévenu devant la cour
Devant les juges, T. Rachid a livré une autre lecture des faits. Il affirme que son nom de famille serait « Ben Ahmed » et évoque une erreur ancienne liée à son père, qui aurait entraîné une confusion sur son identité officielle. Il situe le début des difficultés administratives à ses années d’études à Alger. Il raconte avoir cherché à obtenir un emploi et s’être retrouvé face à des blocages liés à ses papiers.
Selon ses déclarations, un responsable de sécurité universitaire lui aurait proposé une aide pour régulariser certains documents. Il affirme avoir remis ses papiers dans ce cadre. Il dit avoir découvert plus tard que certains documents utilisés n’étaient pas conformes aux registres officiels.
Sur le plan familial, il indique que sa mère vit au Maroc et qu’il s’y est rendu en 2019 à l’aide d’un document de passage délivré par le consulat du Maroc en Algérie. Il précise également avoir obtenu un passeport marocain lors de ce séjour.
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Procédure judiciaire en cours
Les documents saisis incluent également des éléments administratifs liés à son identité et à son permis de conduire. Leur authenticité reste examinée par les autorités compétentes.
La défense a demandé l’arrêt des poursuites en invoquant la prescription, estimant que les faits remontent à plusieurs décennies. Le parquet a rejeté cet argument à ce stade de la procédure. La cour a décidé de reporter sa décision et d’examiner l’ensemble des éléments lors du jugement à venir.
