De retour d'un déplacement à Alger, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, s'est exprimé sur la relation bilatérale entre la France et l'Algérie. Il a notamment évoqué l'avenir de l'accord de 1968 et la possibilité d'un nouveau cadre entre les deux pays.
Gérald Darmanin a accordé un entretien à la chaîne CNews ce mardi 19 mai 2026, en marge de sa visite de travail à Alger. Le ministre français de la Justice a profité de cette interview pour aborder plusieurs dossiers sensibles entre les deux pays.
Interrogé sur l'accord bilatéral de 1968 relatif à l'immigration, régulièrement critiqué par la droite et l'extrême droite françaises, le garde des Sceaux a répondu qu'il fallait « dépasser » ce texte. Il a justifié sa position par les changements démographiques et sociaux intervenus depuis sa signature : « Il y avait 12-13 millions d'Algériens en 1968. C'étaient des circonstances extrêmement différentes, la société était très différente, la France était très différente. Il faut dépasser ça, on n'est plus au temps du général de Gaulle. »
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Un traité d'amitié comme horizon commun
Le ministre est allé plus loin en évoquant la perspective d'un traité d'amitié entre les deux pays. « Il faut un traité avec l'Algérie. J'espère, je rêve, un jour, d'un traité d'amitié. On n'en est pas du tout là, mais il faut un traité d'amitié avec l'Algérie qui respecte les deux pays », a-t-il déclaré.
Ce projet n'est pas nouveau. Il avait été initié au début des années 2000 sous l'impulsion des présidents Abdelaziz Bouteflika et Jacques Chirac, avant d'être abandonné. La déclaration de Gérald Darmanin constitue la première évocation publique de ce projet par un responsable français de ce niveau depuis deux décennies. Le ministre a insisté sur la nécessité de renégocier : « Il faudra renégocier, bien évidemment, ce traité et le dépasser. Je pense que les autorités algériennes le savent, le président de la République française lui-même l'a dit. »
Une coopération antiterroriste saluée
Gérald Darmanin a également mis en avant la coopération entre les deux pays dans le domaine sécuritaire. « En tant qu'ancien ministre de l'Intérieur pendant quatre ans et demi, je peux dire que nous avons une excellente coopération avec l'Algérie dans le domaine de la lutte antiterroriste », a-t-il affirmé.
🇩🇿🇫🇷 Gérald Darmanin après sa visite en Algérie : « Je respecte l’Algérie, c’est un grand peuple. C’est le plus grand pays d’Afrique, on ne peut pas faire sans l’Algérie. » pic.twitter.com/FqtzObeAsM
— Springfield (@springfield_dz) May 19, 2026
Il a qualifié l'Algérie de « partenaire essentiel » pour la France dans ce combat mené « côte à côte ». Le ministre a aussi salué le rôle des services de renseignement algériens, précisant que la réussite de l'organisation des Jeux olympiques d'été en France a bénéficié de l'appui de plusieurs services étrangers, citant notamment les services algériens. Il a révélé que les services secrets des deux pays « se parlent quasi quotidiennement pour la sécurité des Algériens et des Français », rappelant que l'Algérie est le partenaire de la France concernant la situation au Sahel.
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Biens mal acquis et réponse aux critiques
Sur le dossier des biens acquis illicitement, le ministre français a assuré que la France traiterait « avec le plus grand sérieux » les demandes algériennes de restitution des fonds détournés. Il a indiqué que le président Abdelmadjid Tebboune accordait une grande importance à ce dossier.
Enfin, Gérald Darmanin a répondu aux critiques du Rassemblement national, qui dénonce une « diplomatie de la courbette ». « On n'a pas de leçon à recevoir de la part du Rassemblement national. S'ils étaient aux responsabilités, ils seraient obligés de parler au grand pays africain qu'est l'Algérie », a-t-il répliqué. Concernant la situation de Christophe Gleizes, ressortissant français détenu en Algérie, le ministre a dit espérer sa « libération prochaine » et a affirmé faire « confiance » au président Tebboune pour cela.
