L’accord franco-algérien de 1968 revient au centre des discussions entre Paris et Alger. Ce texte, signé le 27 décembre 1968, encadre depuis plus de cinquante ans les conditions de circulation, de séjour et d’emploi des ressortissants algériens en France. Il accorde aux Algériens un régime particulier, distinct du droit commun appliqué aux autres étrangers.
La relance de ce dossier sensible a été actée lors d’une rencontre à Paris entre Laurent Nuñez, ministre français de l’Intérieur, et son homologue algérien Saïd Sayoud. Les deux responsables ont abordé plusieurs sujets liés à la sécurité, à l’immigration, aux OQTF et à la coopération consulaire. Selon les éléments communiqués côté français, Paris souhaite désormais présenter des propositions concrètes pour faire évoluer l’accord franco-algérien de 1968.
Un texte historique devenu très politique
L’accord de 1968 concerne directement les Algériens installés en France ou souhaitant s’y établir. Il touche notamment les certificats de résidence, l’accès au travail, le regroupement familial, les conjoints de Français et les étudiants. C’est cette spécificité qui alimente depuis plusieurs années un débat tendu en France.
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Une partie de la classe politique française estime que ce texte accorde aux ressortissants algériens des avantages devenus injustifiés. D’autres rappellent qu’il s’agit d’un accord bilatéral lié à l’histoire particulière entre les deux pays, et qu’il ne peut être modifié sans conséquences diplomatiques.
Pour Paris, la révision de l’accord s’inscrit aussi dans une volonté plus large de renforcer le contrôle migratoire. Le dossier des OQTF, les obligations de quitter le territoire français, reste particulièrement sensible. Les autorités françaises veulent obtenir une meilleure coopération de l’Algérie pour délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires aux expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière.
L’Algérie et la France ont annoncé leur accord pour rouvrir le dossier de l’accord de 1968 relatif à l’immigration https://t.co/jltJa5REhE
— TRT Français (@trtfrancais) June 3, 2026
Quels changements possibles pour les Algériens en France ?
À ce stade, aucune nouvelle règle n’est encore entrée en vigueur. L’accord franco-algérien de 1968 n’est pas supprimé, et les droits actuels continuent de s’appliquer. La France doit d’abord formuler ses propositions, avant toute éventuelle négociation avec Alger. "Au sujet de l’accord algéro-français de 1968, les parties ont décidé de travailler sur la base de propositions concrètes à venir à l’initiative de la France pour le faire évoluer", a indiqué le ministère français de l'intérieur dans un communiqué.
Mais le signal politique est important. Une révision pourrait, selon son contenu, modifier certaines conditions de délivrance ou de renouvellement des titres de séjour. Les étudiants, les salariés, les conjoints de Français, les familles concernées par le regroupement familial ou les personnes demandant un certificat de résidence pourraient être directement concernés.
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