Entrée en vigueur en 2025, la hausse de l'allocation touristique à 750 euros continue de produire ses effets. Les agences de voyages constatent une évolution des habitudes des voyageurs algériens, qui disposent désormais d'un budget plus conséquent pour financer leurs vacances à l'étranger.
Pendant plusieurs décennies, l'allocation touristique était limitée à 15 000 dinars algériens, soit environs 100 euros, par voyageur majeur, un montant devenu largement insuffisant face au coût réel d'un séjour à l'étranger. La décision des autorités algériennes de porter cette allocation à 750 euros pour les adultes et 300 euros pour les mineurs représente donc un changement majeur pour des millions de voyageurs.
Hausse de l'allocation touristique, un changement des destinations
Selon El Khabar, dans plusieurs agences de voyages à Alger et Constantine, les professionnels observent une nette évolution des demandes. Si la Tunisie, la Turquie et l'Égypte demeurent les destinations les plus populaires grâce à leur proximité et à des offres adaptées à tous les budgets, de nouveaux pays gagnent du terrain.
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La Géorgie, l'Azerbaïdjan, la Grèce, l'Espagne, la Malaisie ou encore la Chine figurent désormais parmi les destinations régulièrement demandées. Selon les responsables d'agences interrogés, cette diversification est directement liée à la hausse de l'allocation touristique, qui permet à davantage de familles de financer une partie importante de leur séjour.
Un budget plus élevé, mais des voyages toujours plus chers
L'augmentation de l'allocation ne signifie pas pour autant que les vacances coûtent moins cher. Les professionnels rappellent que les prix du transport aérien ont fortement progressé depuis la reprise du tourisme mondial après la pandémie.
Les billets d'avion vers certaines destinations asiatiques atteignent désormais plusieurs centaines d'euros, tandis que les tarifs des hôtels ont également augmenté dans de nombreux pays méditerranéens. Dans ce contexte, les 750 euros servent souvent à améliorer la qualité du séjour plutôt qu'à en prolonger la durée.
Les agences observent notamment une hausse des réservations dans des hôtels 4 et 5 étoiles, ainsi qu'un intérêt croissant pour les formules comprenant excursions, transferts et visites organisées.
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Des effets positifs… mais aussi quelques dérives
Les professionnels du secteur estiment que cette mesure a dynamisé l'activité des agences de voyages à l'approche de la saison estivale. Les demandes de devis et les réservations familiales progressent par rapport aux années précédentes.
Toutefois, certains responsables dénoncent des pratiques de détournement de l'allocation. Dans certaines régions frontalières, des opérateurs organiseraient des déplacements vers la Tunisie dans le seul but de permettre aux voyageurs de bénéficier des 750 euros, sans véritable projet touristique. D'après un professionnel interrogé, ce type d'opération peut générer jusqu'à 7 millions de centimes de bénéfices pour son organisateur.
Malgré ces réserves, un constat fait consensus parmi les agences : la hausse de l'allocation touristique modifie progressivement la carte des voyages des Algériens. Plus qu'une augmentation du nombre de jours passés à l'étranger, elle favorise un meilleur niveau de prestations et encourage la découverte de nouvelles destinations, tout en soutenant l'activité d'un secteur touristique qui retrouve progressivement son dynamisme.
