Prière funéraire musulmane payante : la Grande Mosquée de Lyon suscite la polémique

La Grande Mosquée de Lyon a annoncé l'instauration d'un forfait pour l'organisation de la prière funéraire musulmane à compter du 1er septembre 2026. Cette décision, communiquée aux pompes funèbres par une note de service du 30 juin 2026, a provoqué des réactions critiques au sein de la communauté musulmane. L'Union française des consommateurs musulmans et plusieurs responsables religieux ont exprimé leur opposition à cette mesure.

Le recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, a adressé une note de service en date du 30 juin 2026 aux pompes funèbres musulmanes pour les informer des nouvelles modalités d'organisation des cérémonies funéraires. Le document précise qu'à compter du 1er septembre 2026, une participation financière forfaitaire de 75 euros sera demandée pour chaque passage à la Grande Mosquée de Lyon dans le cadre de l'organisation de la prière funéraire.

La direction de la mosquée justifie cette contribution par les frais liés à la mobilisation du personnel, à l'entretien des infrastructures et aux services mis à disposition des familles. Dans un communiqué publié le 13 juillet 2026, la Grande Mosquée de Lyon affirme que la prière funéraire en elle-même reste totalement gratuite et ne sera jamais conditionnée à un paiement. Le forfait vise uniquement à couvrir les coûts d'organisation des cérémonies, incluant la gestion administrative, l'ouverture et l'entretien des locaux, le nettoyage, la sécurité et le fonctionnement général de la mosquée.

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L'Union française des consommateurs musulmans dénonce une « double peine »

L'Union française des consommateurs musulmans (UFCM) a publié un communiqué le 12 juillet 2026 pour exprimer sa ferme opposition à cette tarification. L'association estime que les familles, déjà fragilisées par la perte d'un être cher, se verront contraintes de supporter des frais supplémentaires s'ajoutant aux coûts des funérailles. L'UFCM considère que cette décision risque d'être perçue comme « une double peine infligée aux familles en deuil ».

L'association dénonce plus largement une logique de marchandisation du culte musulman. Elle rappelle que les mosquées, édifiées grâce aux dons des fidèles, sont des lieux d'adoration au service de la communauté et non des structures destinées à tirer profit des moments de détresse. L'UFCM appelle l'ensemble des lieux de culte musulmans à préserver la gratuité des services spirituels et à maintenir l'esprit de fraternité désintéressé et de solidarité.

Le vice-président du CFCM qualifie la mesure de « racket pur et simple »

Abdallah Zekri, recteur de la mosquée de la Paix à Nîmes et vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a condamné l'initiative avec fermeté. Il qualifie cette décision de « racket pur et simple » et appelle l'ensemble des responsables du culte musulman à joindre leur voix à la sienne pour dénoncer « cet acte immoral, impensable, inacceptable et lamentable ».

Zekri rappelle que le rôle de la mosquée n'est pas d'ajouter à la douleur des proches du défunt en les forçant à débourser une somme d'argent pour l'accomplissement d'un rituel prescrit dans le Coran, mais de les accompagner dans leur deuil et de leur apporter soutien et réconfort. Pour lui, la prière funéraire relève d'un devoir collectif et doit demeurer accessible à tous, sans condition financière.

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Des réactions négatives parmi les fidèles sur les réseaux sociaux

L'annonce a provoqué de nombreux commentaires négatifs en ligne de la part de fidèles. Sur les réseaux sociaux, des internautes ont exprimé leur indignation, certains qualifiant la décision de « honteuse » ou d'« incroyable ». Un fidèle a déclaré sur Facebook : « Dites-moi que c'est une blague ou un fake ». Un autre internaute a estimé que les dirigeants de la mosquée veulent « vider la mosquée de son sens » avec cette mesure.

D'autres commentaires remettent en question la justification financière avancée par la mosquée, en évoquant les revenus générés par la certification de la viande halal ou les collectes de dons effectuées chaque vendredi. La polémique relance le débat sur le financement des mosquées et sur les limites à ne pas franchir pour préserver la vocation spirituelle des lieux de culte.


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