Le gazoduc Medgaz, qui relie directement l’Algérie à l’Espagne sous la mer Méditerranée, se retrouve au centre d’interrogations sur la sécurité des infrastructures énergétiques européennes.
Certains observateurs évoquent un risque de sabotage comparable à celui ayant visé Nord Stream en 2022. À ce stade, toutefois, aucun élément concret ne permet d’affirmer qu’une attaque est en préparation, mais des médias espagnols l'évoquent avec un certain sérieux.
Une infrastructure essentielle entre l’Algérie et l’Espagne
Medgaz transporte le gaz naturel depuis Beni Saf, sur la côte ouest algérienne, jusqu’à Almería, dans le sud de l’Espagne. Long d’environ 200 kilomètres, ce gazoduc sous-marin possède une capacité annuelle dépassant les 10 milliards de mètres cubes.
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Son rôle s’est renforcé depuis l’arrêt, en 2021, des livraisons algériennes passant par le gazoduc Maghreb-Europe et le territoire marocain. Medgaz constitue désormais la principale liaison directe pour l’acheminement du gaz algérien vers le marché espagnol.
Une interruption prolongée pourrait donc affecter les recettes énergétiques de l’Algérie, mais également l’approvisionnement de l’Espagne et, plus largement, l’équilibre du marché gazier régional.
Le précédent des explosions de Nord Stream
Les interrogations autour de Medgaz sont alimentées par le sabotage des gazoducs Nord Stream, endommagés par plusieurs explosions en mer Baltique en septembre 2022. Cet événement a montré que les infrastructures énergétiques sous-marines pouvaient devenir des cibles dans un contexte de fortes tensions géopolitiques.
Le média espagnol El Común s’est ainsi intéressé aux acteurs qui pourraient, en théorie, tirer avantage d’un arrêt de Medgaz. L’article évoque notamment certains pays exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL), comme les Etats-Unis, ainsi que des États engagés dans des rivalités régionales avec l’Algérie, principalement le royaume de Mohammed VI.
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Ces scénarios restent néanmoins hypothétiques. Ils ne reposent sur aucune preuve publique, aucune revendication et aucune information indiquant l’existence d’un projet d’attaque.
Un sabotage aux conséquences considérables
Une opération contre Medgaz aurait des conséquences diplomatiques et économiques importantes. Elle toucherait directement l’Espagne, membre de l’Union européenne et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord.
Le responsable d’un éventuel sabotage s’exposerait ainsi à une crise avec plusieurs pays et à une enquête internationale. Cette dimension rend une attaque particulièrement risquée, même pour un acteur disposant des capacités techniques nécessaires.
La profondeur du gazoduc et sa localisation sous-marine compliqueraient également toute intervention clandestine.
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Une surveillance renforcée autour de Medgaz
Le gazoduc traverse la mer d’Alboran, une zone surveillée par les autorités algériennes et espagnoles. Les infrastructures énergétiques considérées comme critiques bénéficient généralement de moyens de contrôle maritimes, de radars, de capteurs et de dispositifs de sécurité spécialisés.
Medgaz demeure donc une infrastructure potentiellement vulnérable, comme tout ouvrage sous-marin. Mais les articles consacrés à cette question relèvent surtout de l’analyse prospective. En l’absence d’une menace identifiée, parler d’un sabotage imminent serait prématuré, mais il serait hasardeux de l'écarter totalement.
