Travailleurs étrangers au Québec : le renouvellement des permis de travail vire au cauchemar

Des travailleurs étrangers établis au Québec se retrouvent dans l’incertitude au moment de renouveler leur permis de travail. À Victoriaville, les délais administratifs peuvent empêcher certains dossiers d’être complétés à temps, avec des conséquences immédiates sur l’emploi et la vie familiale.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada impose désormais un délai ferme de 90 jours pour transmettre tous les documents nécessaires au renouvellement d’un permis de travail. Le dossier doit notamment comprendre une étude d’impact sur le marché du travail, aussi appelée EIMT.

Selon plusieurs entrepreneurs de Victoriaville cités par Radio Canada, les délais de traitement des EIMT peuvent dépasser l’échéance fixée par le gouvernement fédéral. Lorsque le document n’est pas obtenu à temps, la demande de renouvellement du permis de travail peut être refusée.

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Un travailleur perd son emploi après trois ans au Québec

La présidente-directrice générale de Meubles RD, Isabelle Beauregard, affirme avoir perdu un employé « du jour au lendemain » à la suite de ces difficultés administratives. Le travailleur concerné vivait au Québec depuis trois ans lorsque sa demande de renouvellement a été refusée en raison d’un retard dans l’obtention des documents requis.

Cette décision a également eu des répercussions sur sa famille. « Il n’a plus de revenu. Sa femme n’a plus le droit de travailler parce qu’il n’a pas de permis renouvelé. Ses enfants commençaient l’école cette semaine », a déclaré Isabelle Beauregard. Selon son témoignage, la famille s’est retrouvée sans aucune source de revenus après le refus du permis.

Des familles de travailleurs étrangers plongées dans l’incertitude

Adrian Ramirez, qui travaille depuis quatre ans chez Plaquage Lignum, craint lui aussi de devoir quitter le Canada. Son permis de travail arrivera à échéance dans près d’un an, tandis que celui de sa femme demeure valide. Le couple a des filles et attend également la naissance d’un garçon.

« Ma femme reste ici parce que son permis est correct. Mes filles restent ici. Mon petit garçon s’en vient. Ma ville est ici », a confié Adrian Ramirez. Il pourrait donc être contraint de quitter le pays sans sa famille si son permis n’était pas renouvelé.

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Louis-Hans Baril, propriétaire de Plaquage Lignum, indique que plusieurs de ses salariés doivent maintenant entreprendre cette démarche. Dans son entreprise, un employé sur six est un travailleur étranger. Un premier salarié a déjà perdu son autorisation de travailler, ce qui compromet certaines activités de l’entreprise.

Deux lettres adressées aux gouvernements

Le député conservateur de Richmond–Arthabaska, Eric Lefebvre, a organisé une conférence de presse vendredi 28 août 2026 afin de soutenir les travailleurs concernés et leurs employeurs. Il a rappelé que ces personnes avaient été recrutées à l’étranger pour venir travailler et s’établir au Canada.

« On a été dans leur pays, on leur a fait une promesse de venir s’établir chez nous. On a besoin d’eux », a déclaré le député. Il a également dénoncé le fait que certains travailleurs soient invités à quitter le pays après trois années passées au Québec, faute d’avoir pu renouveler leur permis.

Les entrepreneurs mobilisés ont signé deux lettres destinées au ministère de l’Immigration et au ministère de l’Emploi et des Familles. Ils demandent aux autorités de trouver des solutions aux délais administratifs qui peuvent entraîner le refus des demandes de renouvellement.

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