Le secteur du bâtiment en Algérie poursuit son développement, porté par les programmes de logements et les investissements publics dans les infrastructures. Cette dynamique ouvre de nouvelles perspectives pour les entreprises étrangères, notamment espagnoles, qui cherchent à renforcer leur présence dans les domaines de la céramique, des équipements et des matières premières.
Selon Alfonso Tapia, PDG d’Omnicrea, un cabinet de conseil spécialisé dans les marchés africains, le secteur algérien de la construction pourrait enregistrer une croissance de 4 % en 2027. Une évolution qui pourrait profiter aux industriels espagnols grâce à la proximité géographique entre les deux pays et aux besoins liés aux grands projets en cours.
Un marché algérien soutenu par les logements et les grands projets publics
L’Algérie représente un marché important pour les acteurs du bâtiment en raison des investissements engagés dans plusieurs secteurs. Le pays prévoit notamment la réalisation de deux millions de logements entre 2025 et 2029, auxquels s’ajoutent des projets dans les infrastructures routières, les hôpitaux ou encore les établissements scolaires.
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Pour les entreprises espagnoles, cette demande constitue une opportunité dans plusieurs segments du BTP. La céramique, les équipements industriels et les matières premières figurent parmi les activités qui pourraient bénéficier de cette croissance.
Alfonso Tapia souligne l’avantage logistique dont dispose l’Espagne face à d’autres concurrents internationaux. « Les consommateurs algériens ont une très bonne perception des produits espagnols. Notre rapport qualité-prix est meilleur que celui des autres concurrents européens. De plus, notre proximité géographique y contribue également », affirme-t-il.
Les échanges dans le secteur de la céramique illustrent déjà cette progression. Les exportations espagnoles d’émaux vers l’Algérie sont passées de 13,4 millions d’euros en 2024 à environ 102 millions d’euros en 2025, soit une hausse de 663,9 %. L’Espagne doit néanmoins composer avec la concurrence de plusieurs pays, notamment l’Italie, la Chine et l’Égypte.
La filière céramique algérienne cherche à gagner en compétitivité
Le développement du BTP en Algérie accompagne aussi la montée en puissance des producteurs locaux de céramique. Plusieurs entreprises nationales cherchent aujourd’hui à augmenter leur production et à se tourner vers l’exportation, notamment vers les marchés africains.
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Selon Alfonso Tapia, le principal défi concerne encore l’accès aux technologies industrielles avancées et aux équipements spécialisés. « Ce qu’ils n’ont pas en Algérie, c’est la technologie, ou du moins, pas aussi avancée que celle développée dans des pôles comme Castellón », explique-t-il.
Cette situation crée un espace pour les entreprises espagnoles spécialisées dans les machines de production, les matières premières, les glacis ou encore les couleurs utilisées dans l’industrie céramique.
La coopération entre les deux pays pourrait aussi être facilitée par l’amélioration des liaisons maritimes. Une nouvelle ligne régulière entre Castellón et l’Algérie est notamment suivie par les industriels espagnols, qui espèrent réduire les contraintes liées au transport.
Dans ce contexte, l’Algérie organise également des événements destinés à promouvoir son industrie du bâtiment. La première édition du Salon des produits du bâtiment, de la céramique et de la faïence à Batna réunit 65 entreprises nationales, dont 30 déjà engagées dans l’exportation.
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Le secteur algérien du BTP représente donc un marché en transformation, avec des besoins importants en logements, infrastructures et technologies. Pour les entreprises espagnoles, cette évolution pourrait renforcer les échanges commerciaux et industriels entre les deux pays.
