Une nouvelle possibilité de régularisation s'ouvre en Suisse pour certains étrangers qui vivent et travaillent depuis plusieurs années sans titre de séjour. Depuis le 1er septembre 2026, le canton de Neuchâtel applique un dispositif temporaire inspiré de l'opération « Papyrus », menée à Genève. Cette mesure concerne également les ressortissants algériens qui remplissent les conditions exigées.
Ils vivent en Suisse depuis dix ans, parfois davantage. Ils travaillent, louent un logement, élèvent leurs enfants et participent au quotidien à l'économie locale. Pourtant, faute de papiers, leur avenir reste incertain. Pour certains de ces travailleurs étrangers, une nouvelle perspective vient de s'ouvrir dans le canton de Neuchâtel.
Les autorités locales ont lancé un programme permettant aux personnes sans autorisation de séjour de demander une régularisation, à condition de justifier d'une présence ancienne, d'un emploi et d'une intégration suffisante.
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Le dispositif est entré en vigueur le 1er septembre 2026 pour une durée de quinze mois. Il reprend plusieurs principes de l'opération Papyrus, expérimentée quelques années plus tôt à Genève.
Dix ans de présence en Suisse pour bénéficier du dispositif
La mesure ne concerne pas automatiquement tous les étrangers en situation irrégulière. Pour présenter un dossier, les candidats doivent notamment justifier de dix années de résidence ininterrompue en Suisse, dont les trois dernières dans le canton de Neuchâtel.
Une exception est prévue pour certaines familles avec enfants scolarisés. Dans leur cas, cinq années de présence en Suisse, dont trois à Neuchâtel, peuvent suffire.
D'autres conditions doivent également être respectées : exercer une activité professionnelle, être financièrement autonome, posséder un niveau élémentaire de français correspondant au niveau A1 et ne pas avoir de dettes faisant l'objet de poursuites.
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Les candidats doivent aussi disposer d'un casier judiciaire vierge, sous réserve des particularités prévues par le dispositif, et ne pas faire l'objet d'une décision de renvoi. Les personnes ayant suivi une procédure d'asile en Suisse ne sont pas concernées par cette opération.
Les députés neuchâtelois ont salué l'instauration d'un dispositif temporaire permettant aux personnes en emploi, vivant depuis dix ans sur le territoire et sans autorisation de séjour, d’obtenir une régularisation. Ce dispositif, en vigueur depuis le 1er septembre, protège les.. pic.twitter.com/sfvSnSp2Wk
— NouvelleSuisse.ch (@NouvelleSuisse_) September 29, 2026
Les Algériens peuvent-ils demander une régularisation ?
Le programme s'adresse aux ressortissants de pays situés hors de l'Union européenne et de l'Association européenne de libre-échange. Les Algériens résidant dans le canton de Neuchâtel peuvent donc être concernés, au même titre que d'autres nationalités, s'ils remplissent l'ensemble des critères.
Il ne suffit cependant pas d'avoir travaillé plusieurs années en Suisse pour obtenir automatiquement un titre de séjour. Chaque demande fait l'objet d'un examen individuel par les autorités cantonales, puis d'une décision au niveau fédéral. En cas d'acceptation, une autorisation de séjour de type B peut être délivrée.
Les employeurs également encouragés à participer
L'une des particularités du dispositif concerne les entreprises et les particuliers qui emploient des travailleurs sans papiers. Les autorités souhaitent encourager la déclaration de ces emplois et la mise en conformité des relations de travail.
Dans le cadre prévu par cette opération, les employeurs qui participent aux démarches de régularisation ne feront pas l'objet de poursuites pénales liées à cette mise en conformité. L'objectif affiché est également de lutter contre l'exploitation et le travail non déclaré.
Une mesure maintenue malgré les oppositions
Le dispositif a suscité des discussions au Parlement neuchâtelois. Le 29 septembre, des élus ont demandé sa suspension et un nouvel examen en commission. Cette proposition a finalement été rejetée par 58 voix contre 38 et deux abstentions. Le mécanisme reste donc applicable.
Pour les personnes concernées, la première démarche consiste à contacter le Centre social protestant de Neuchâtel (CSP), chargé de vérifier l'éligibilité et d'accompagner la préparation des dossiers. Le premier entretien est gratuit, anonyme et confidentiel.
Par ailleurs, cette possibilité de régularisation reste limitée au canton de Neuchâtel. Elle ne constitue pas une mesure générale applicable à l'ensemble de la Suisse. Pour ceux qui remplissent les conditions, elle offre néanmoins la possibilité de faire examiner une situation administrative restée parfois sans solution pendant de longues années.
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