Une pétition a été lancée, samedi 28 mars, par des journalistes algériens pour libérer leur confrère Khaled Drareni, poursuivi pour "incitation à un attroupement non armé" et "atteinte à l’intégrité nationale". Pour rappel, la chambre d’accusation près la Cour d’appel d’Alger a ordonné sa mise sous mandat, mercredi 25 mars. Il a été arrêté vendredi 27 mars, en exécution de cette décision.

Signée par plus d'une centaine de personnes, cette pétition, qui se veut aussi une déclaration-dénonciation, appelle à la libération immédiate du journaliste. « Considérant le caractère attentatoire de l’acharnement sécuritaire et judiciaire dont Khaled Drareni est victime, nous, signataires de cette déclaration, appelons à la libération immédiate du journaliste Khaled Drareni et à la levée de toutes les poursuites pénales contre lui. Son seul tort est d’être un reporter professionnel couvrant les manifestations du Hirak populaire, et ce, depuis le 22 février 2019 », peut-on lire dans le document.

"Libérez Khaled Drareni !"

Les signataires de ladite pétition ont tenu à rappeler que « les faits qui sont reprochés à Khaled Drareni lors des différents interrogatoires qu’il a subis et dont il a publiquement rendu compte, sont liés exclusivement à l’exercice de sa profession ». Ils signalent « que l’article 50 de la Constitution garantit la liberté de la presse et bannit l’emprisonnement de journalistes pour un délit de presse, même si dans le cas de Khaled Drareni, ce délit est maquillé derrière l’accusation infondée d’incitation à attroupement public ».

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La déclaration relève « que l’émission du mandat de dépôt contre Khaled Drareni se déroule dans un contexte d’instrumentalisation manifeste de l’appareil judiciaire qui suscite l’indignation générale, en particulier dans ce contexte de trêve sanitaire ». Elle note, par ailleurs, que « la tendance plantaire, recommandée par l’ONU, dans le contexte de la pandémie de coronavirus, est de vider les centres de détention de tous les prévenus pouvant attendre leur jugement chez eux. La Cour d’Alger s’est acharnée de manière suspecte à renvoyer en prison un journaliste qui présente toutes les garanties pour attendre en liberté un procès équitable ».

Tout en signalant que « les journalistes ont payé un lourd tribut pour maintenir la liberté de leur parole durant les années noires », les signataires du communiqué affirment que « malgré notre confinement, nous restons mobilisés pour rappeler par tous les moyens l’Etat algérien à ses obligations de protéger l’intégrité physique de ses citoyens. L’incarcération de Khaled Drareni pour son travail de journaliste et sa dangereuse surexposition au risque épidémiologique, en plus de la privation de sa liberté, resteront une tâche noire au passif du pouvoir actuel, chantre de "l’Algérie nouvelle" ».

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