L’ancienne ministre française de la Justice Rachida Dati a évoqué, dimanche 24 mais sur Europe 1, son mariage « forcé » avec un Algérien alors qu’elle avait 25 ans. La candidate à la mairie de Paris a livré de nouvelles révélations sur son mariage en 1992, avec un Algérien trois semaines seulement après leur rencontre.

Invitée de l’émission « Il n’y a pas qu’une vie dans la vie » sur la chaîne télé Europe 1, Rachida Dati a raconté cet « épisode douloureux » de sa vie. L’ancienne ministre française révèle que ses parents ne lui avaient jamais imposé ce mariage. Cependant, elle évoque un mariage « forcé », car elle s’est sentie obligée de se conformer à la tradition.

« Mes sœurs se sont toutes mariées jeunes, conditionnées par le fait que c’est bien de se marier et de faire des enfants », a-t-elle expliqué. Elle a ajouté qu’elle avait demandé l’annulation du mariage, un jour après la cérémonie. C’est à l’hôtel que Rachida Dati a immédiatement rejeté ce mariage.

Rachida Dati voulait effacer ce mariage

L'avocate d'origine algéro-marocaine explique qu’elle ne voulait pas seulement le divorce, mais effacer complètement cet épisode de sa vie.  « Je voulais effacer cette page, y compris sur mon acte de naissance », raconte-t-elle. Toutefois, le mari algérien s’est opposé à la rupture de leur contrat de mariage.

Rachida Dati a ensuite engagé une procédure judiciaire. Mais pour le procureur de la République, «  mon consentement était éclairé, j’étais lucide, je ne vivais pas chez mes parents, j’étais libre, autonome, donc au sens juridique, il n’y avait pas de pression… Mais c’était plus insidieux », se souvient-elle.

Elle s’enfuit à Londres pour chercher de l’aide

Rachida Dati n’est pas restée sans rien faire. Elle a décidé de partir à Londres sans rien dire à ses alliés politiques : « Même Nicolas Sarkozy ne savait rien de tout ça ». Elle est allée solliciter l’aide de personnalités influentes, comme Simone Veil, Albin Chalandon de Pierre de Bousquet. « Ce n'était pas de l'audace, C'était de l'instinct de survie », confie-t-elle. La femme politique n’a retrouvé la France qu’avec la quasi-certitude que son mariage sera effacé.

Elle indique que c’est en raison de sa propre expérience qu’elle a changé la loi en France. « C’est comme ça qu’après, avec Nicolas Sarkozy, on a changé la loi (…) Parce que ce n’est pas forcément les parents », a-t-elle précisé. Car parfois, ce sont les jeunes femmes elles-mêmes qui se mettent dans cette situation pour se conformer à la tradition.

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